‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 2)Chapitre 148 sur 163 · LIVRE xir. 36 I · texte numérisé non relu

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le cas présent ; car, malgré les assurances hardies que donnait le postillon , nos voyageurs n'étaient pas plus dans le chemin de Coventiy, que l'avare fourbe , insatiable , cruel et hypocrite n'est dans le chemin du ciel.

Il n'est peut-être pas facile au lecteur qui ne s'est jamais trouvé dans des circonstances semblables , d'imaginer de quelle horreur l'obscurité, la pluie et le vent frappent ceux qui ont perdu leur chemin au milieu de la nuit, et qui par conséquent n'ont pas l'agréable perspective de se procurer un bon feu , des vêtements secs et autres choses nécessaires pour soutenir leur courage contre les iujures du temps. Mais il suffira d'avoir une idée imparfaite de cette horrible position, 'pour justifier les étranges idées qui remplireut alors la tête de Partridge, et que nous sommes obligé de faire connaître en ce moment.

A mesure qu'ils avançaient, Jones soutenait plus positivement qu'ils étaient hors de leur chemin , et le postillon lui-même finit par en convenir, quoiqu'il affirmât en même temps qu'il était impossible qu'ils l'eussent perdu. IV. 24

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Mais Partridge était d'une opinion difl'érente ; il avait bien prévu qu'il leur arriverait quelque malheur. « N'avez-vous pas remarqué, monsieur, dit -il à Jones, cette vieille femme qui était debout à la porte , tout justement comme vous montiez à cheval ? J'aurais désiré de tout mon cœur que vous lui eussiez donné quelque chose , car elle a dit que vous pourriez vous eu repentir ; et au moment môme la pluie a commencé, et le vent a toujours augmenté depuis. Quoi que certaines gens en disent , je suis persuadé qu'il est au pouvoir des sorcières de commander au vent, toutes les lois que cela leur fait plaisir. J'ai vu cela arriver très-souvent de mon temps , et cette vieille femme était certainement une sorcière, ou je n'en ai jamais vu de ma vie; je l'ai pensé en moi-même tout de suite , et si j'avais eu quelques half-pences dans ma poche , je lui en aurais donné : car sûrement il est toujours bon d'être charitable envers ces sortes de gens , de peur de ce qui peut arriver; et plus d'un laboureur a perdu tout son troupeau, pour avoir voulu épargner un half-penny. »

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