I-IVRE IX
peudant quelques minutes l'exécution du projet de ce misérable ; ce qui donna le temps à M. Jones de venir jusqu'à elle au moment même où ses forces commençaient à l'abandonner. C'est ainsi qu'elle fut arrachée des mains du scélérat , sans autre perte que celle de sa robe et de sa bague de diamants, qui, durant le combat, avait glissé de son doigt, ou lui avait été arrachée par Northerton.
Tels sont, cher lecteur, les fruits de la recherche vraiment pénible que nous avons faite à ce sujet poiu" te satisfaire. Nous venons de te peindre inie scène de folie et de scélératesse, dont nous aurions eu peine à croire qu'une créature humaine pût se rendre coupable , si nous ne nous fussions souvenus que le coquin était alors persuadé qu'il avait déjà commis un meurtre, et que sa tète était sous le glaive de la loi. Concluant donc qu'il n'y avait pour lui de sûreté que dans la fuite , il crut que la possession de l'argent et de la bague de cette pauvre femme , balancerait en (pielque sorte le nouveau fardeau dont il allait charger sa conscience.
Nous devons ici, cher lecteur, te recommander de ne point l'autoriser de l'infâme conduite d'un scélérat , pour ju ger un corps aussi respectable et aussi rem pli d'honneur que cehii des officiers de notre armée. Tu voudras bien considérer que ce drôle , comme nous l'avons déjà dit, était sans naissance, n'avait point reçu l'éducation qui convient à un homme bien né, et n'était fait, sous aucun rapport, pour être enrôlé parmi eux. Si son opprobre peut donc à juste titre rejaillir sur un autre que sur luimême , ce ne peut être que sur ceux qui lui avaient donné sa commission.