CHAPITRE IL
Arrivée de M. Jones et de la dame à l'auberge; description complète de la bataille d'Upton.
Quoique noiis ne doutions pas de Temj)ressement du lecteur à savoir qui était celte dame, et comment elle était tombée entre les mains de M. Norlhcrfon , nous devons le prier de suspendre un moment sa curiosité, parce que de très-bonnes raisons qu'il devinera peut-être par la suite, nous obligent de retarder quelque temps encore delà satisfaire.
M. Jones et la belle sa compagne ne furent pas plus tôt entrés dans la ville, qu'ils allèrent droit à l'auberge qui leur parut présenter la plus belle apparence. Jones , après avoir ordonné à un domestique d'ouvrir une cbandîre au premier étage, était eu chemin pour v
monter, quand la belle échevelée qui le suivait précipitamment fut arrêtée par le maître de la maison, qui lui cria : « Ouais , et où va donc cette fille des rues ? Restez en bas, je vous prie. » Mais Jones, au même instant, cria de toutes ses forces du haut de l'escalier : « Qu'on laisse monter madame,» et d'un ton si impératif, que le bonhomme lâcha prise surle-champ. La dame se hâta de se rendre à sa chambre.
Jones , qui y était déjà , la félicita d'être arrivée saine et sauve , et sortit, en lui j)romettant de lui envoyer la maîtresse de la maison avec quelques vêtements. La pauvre dame le remercia vivement de toutes ses bontés , et lui dit qu'elle espérait le revoir bientôt pour le remercier mille fois encore. Pendant cette courte conversation , elle couvrit son sein blanc du mieux qu'elle put avec ses bras ; car Jones ne put s'empêcher d'y jeter une fois ou deux un léî;er coup-d'œil, quoiqu'il prit tout le soin imaginable pour ne pas l'oflenser.
Xos vovai^eiu's avaient par hasard choisi