‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 2)Chapitre 51 sur 163 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

où se terminent les aventures de l'auberge d'Upton.

En premier lieu, le gentilhomme qui venait d'arriver n'était autre que le Squire AVestern lui-même poursuivant sa fille, et qui, s'il fût heureusement arrivé deux heures plus tôt , l'eût trouvée, non-seulement elle, mais encore sa nièce; car telle était la femme de M. Filzpatrick, qui l'avait enlevée cinq ans aiqiaravant à la tutelle de la sage mistress Western.

Or, cette seconde nièce, de mistress Western était partie de l'auberge presque en même temps que Sophie; car ayant été réveillée par la voix de son mari , elle avait fait moutct'

l'hôtesse, et, après en avoir reçu toutes ]es informations nécessaires, avait obtenu d'elle, en lui offrant un prix exorbitant, qu'elle lui foux^nirait des chevaux pour s'échapper: tant l'argent avait de pouvoir dans cette maison ! Quoique la maîtresse eût sans doute mis sa servante à la porte pour s'être laissé corrompre , si elle en avait su autant que le lecteur, elle n'était pas plus à l'épreuve de la corruption que la pauvre Suzanne elle-même.

M. Western et son neveu ne se connaissaient pas , et le premier n'aurait pas voulu faire attention au dernier quand il l'aurait connu ; car un mariaj;e clandestin étant , dans l'opisiion du brave Squire, un mariage contre nature, sa pauvre nièce, qui n'avait pas alors plus de dix-huit ans, avait été, dès ce moment , abandonnée et regardée comme «n monstre par son oncle , qui ne voulait pas même qu'on prononçât son nom devant lui.

La cuisine était alors un théâtre rempli de confusion , Western demandant sa fille, et Fitzpatrick ne demandant pas sa femme avec moins de chaleur , quand Jones entra, ayant

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