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patiick, M. Western , le ministre el (juek[iu's autres montèrent droit à la chambre de mistress Waters , où ils entrèrent avec non moins de violence que M. Fitzpatrick y était entic la première fois.
La pauvre dame , réveillée en sursaut , éprouva non moins d'élonnement (jue d'effroi, en voyant à côté de son lit la fiijure d^in homme qu'on eût pu très-bien croire un échappé de Bedlam. En effet, tel était le trouble, tel était l'égarement qu'exprimaient les yeux de M. AVestern. Mais il n'eut pas plus tôt vu mistress Waters , qu'il fit un saut en arrière sans proférer une parole, témoignant assez par ce mouvement que cette personne n'était pas celle qu'il cherchait.
Les femmes ont un si grand fonds de tendresse pour leur réputation , et la préfèrent tellement à leur propi-e vie, que quoique là dernière parût en ce moment plus en danger que la première, mistress AYaters ne jeta pas un cri si violent que dans la circonstance précédente. Cependant elle ne se trouva pas plus tôt seule, qu'elle renonça à se rq-oser plus long-
temps ; et comme elle avait des raisons suffisantes pour n'être pas satisfaite de son logement actuel, elle s'habilla le plus promptement possible.
M. Western coutinuait cependant ses recherches dans toute la maison , mais avec aussi peu de succès que quand il avait réveillé la pauvre mistress Waters. Il retourna donc, désespéré , dans la cuisine , où il trouva Jones {,'ardé par ses gens.
Ce violent tumulte avait fait lever toute la maison, quoiqu'il fît à peinejour.Dece nombre était un grave personnage honoré des fonctions déjuge de paix pour le comté de Worcester- M. Western n'en fut pas plus tôt instruit, qu'il se présenta pour porter plainte devant lui. Le juge refusa de remplir ses fonctions, disant qu'il n'avait là ni clerc ni livre qui traitât de la justice de paix , et qu'il ne pouvait avoir à la fois dans sa tète toutes les lois qui avaient été rendues sur l'enlèvement des filles, et autres matières semblables.
Ici M. Fitzpatrick s'offrit pour lui prêXer son assistance, après avoir instruit la compagnie
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qu'il avait étudié pour entrer au barreau; et en effet , il avait été trois ans clerc de procureur dans le nord de l'Irlande : faisant choix depuis d'un genre de vie plus agréable, il avait quitté sa profession , était venu en Angleterre, et en avait embrassé une qui ne demande aucun apprentissage ; je veux dire celle de gentilhomme, dans laquelle il avait réussi, comme nous l'avons déjà fait connaître en partie.
M. Fitzpatrick déclara qu'il ne s'agissait pas ici d'un enlèvement de fille , que le vol d'un manchon était indubitablement un crime , et que les effets trouvés sur la personne prouvaient sufBsamment le fait.
Le magistrat, encouragé par un coadjnteur aussi instruit , et pressé vivement par les instances de Western , consentit enfin à s'asseoir sur le fauteuil de juge qui lui était préparé. Et là, siu' la présentation du manchon que Tom Jones tenait encore à la main , et sur le serment du curé Supple qu'il était la propriété de M. Western , il ordonna à M. Fitz-
lîO TOM JOTS'ES,
patrick d'écrire un mandat d'arrêt , en disant qu'il le signerait.
Jones demanda à être entendu à son tour; ce qui enfin, mais non sans peine, lui fut accordé. Il produisit alors le témoignage de Partridge sur la manière dont il avait trouvé le manchon ; mais , ce qui prouva encore plus pour lui, Suzanne déposa que Sophie ellemême avait remis ledit manchon à elle Suzanne, et lui avait ordonné de le porter dans la chambre de M. Jones.
Soit qu'un amour naturel de la justice, soit que la vue d'un homme aussi beau que Jones, eussent inspiré Suzanne, tel fut son témoignage ; et l'effet n'en fut pas perdu sur le magistrat , qui , se renversant sur le dos de sa chaise , déclara que l'alfaire était maintenant aussi claire en faveur du prévenu , qu'elle l'avait été précédemment contre lui. Cette décision fut approuvée du curé, qui s'écria : « Dieu me préserve de concourir à faire mettre un innocent eu prison! » Là-dessus le juge acquitta gravement le prisonnier, et leva la séance.