‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 2)Chapitre 54 sur 163 · LIVRE X. l3t · texte numérisé non relu

LIVRE X. l3t

M. Western se mit alors à jurer de bon cœur contre tous ceux qui étaient présents , ordonna qu'on sellât sur-le-champ ses chevaux , et se remit en route à la poursuite de sa fille , sans faire la moindre attention à son neveu Fitzpatrick , ni aucune réponse à ses réclamations de parenté , malgré tous les services qu'il venait de recevoir de ce gentilhomme. Sa précipitation et la violence de sa colère lui firent encore oublier heureusement de demander le manchon à Jones ; je dis heureusement, car celui-ci serait mort sur la place plutôt que de s'en séparer.

Jones , après avoir payé le mémoire de l'auberge, partit aussi avec son ami Partridge à la recherche de son aimable Sophie , dont il résolut dene plus abandonner la poursuite; il ne juit même prendre sur lui de faire ses adieux à mistress Waters dont il détestait jusqu'à la pensée, pour lui avoir fait perdre, quoique innocemment , une si heureuse entrevue avec Sophie , à qui il voua dès ce moment une constance éternelle.

Qlj^nt à mistress Waters , elle profila de

l'occasion de la voilure qui allait à Balh, et partit avec les deux gentilshommes irlandais, l'hôtesse ayant eu la complaisance de lui prêter tous les vêtements qu'elle avait sur elle , et s'étant contentée d'eu recevoir seulement deux fois la valeur pour le loyer. Elle se réconcilia parfaitement dans la route avec M. Fitzpatrick, qui était un très-bel homme, et elle fit vraiment tout ce qu'elle put pour le consoler de l'absence de sa femme.

Ainsi finirent toutes les bizarres aventures de Tom Jones dans l'auberge d'Uptou, où l'on parle encore aujourd'hui de la beauté et de la douceur delà charmante Sophie, en la nommant l'ansfe du comlé de Somerset.

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