‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 2)Chapitre 57 sur 163 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Fuite do Sophie.

Il est temps de nous occuper de Sophie, que le lecteur, s'il l'aime seulement la moitié autant que nous , se réjouira de voir échappée des griffes d'un père passionné et de celles d'un amant sans passion.

Le marteau de fer du temps avait douze fois fait retentir l'airain sonore, pour avertir les esprits de se lever et de commencer leur ronde

ordinaire En langage plus simple, il était

minuit, et toute la maison, comme nous l'avons dit , était ensevelie dans l'ivresse ou dans le sommeil , excepté mistress Western ahsorbée par la lecture d'un pamphlet politique , et notre héroïne, qui en ce moment descendait tout doucement l'escalier, et qui après avoir ôté la

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harre d'uuii des portes de la maison et l'avoir tjiiverle, sortait précipitamment et se hâtait de se rendre au lieu du rendez-vous.

Nonol)staut tontes les petites ruses que les dames mettcjit souvent en usage pour intéresser à leur peur dans toutes les petites occasions ( et elles en emploient piesque autant à la montrer que les hommes à cacher la leur), il y a certainement un degré de courage qui non-seulement sied à une femme, mais lui est souvent nécessaire pour lui donner la force de remplir son devoir. C'est en effet une farouche audace, et non le courage, qui peut nuire à la perfection du caractère des femmes. Qui peut lire l'histoire de la célèbre Arria, sans concevoir une aussi haute opinion de sa douceur et de sa tendresse que de son courage ? Il est peutêtre, en même temps, j)lus d'une femme qui, alors qu'elle jette un cri d'effroi à la vue d'une souris ou d'un rat, serait capable d'enq)oisonuer ion mari, ou, ce qui est pis encore, de le contraindre à s'empoisonner lui-mènie.

Sophie, avec totite la douceur qu'une femme peut avoir, avait tout le coinage dont elle de-

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