CHAPITRE IV
Dans lequel l'histoire de mistress Filzpatrick est continuée.
« Nous ne restâmes pas à Balh plus de quinze jours après notre mariage ; car il n'y avait aucun espoir de réconciliation avec ma tante; et quant à ma fortune, je ne pus en toucher un farthing jusqu'à l'époque de ma majorité, pour laquelle il ne me manquait plus que deux ans: c'est pourquoi mon mari résolut de partir pour l'Irlande. Je fis les plus vives remontrances contre ce dépari , et j'insistai sur une promesse qu'il m'avait faite avant notre mariage, que je ne ferais jamais ce vovage sans
mon cousentement; or, s'il faut l'avouer , j'avais le projet de n'y jamais consentir : personne, je crois, ne blâmera ma résolution. Je n'en parlai pas cependant à mon mari , et me bornai à lui demander le délai d'un mois ; mais il avait fixé le jour, et il tenait obstinément à ne pas le chan(,'er.
'< Lesoir qui précéda notredépart,comme nous disputions tous deux vivement sur ce sujet, il se leva précij)itamment de sa chaise, et me quitta brusquement, en me disant qu'il allait aux salles de réunion. A peine était-il sorti, que je vis sur le parquet un papier qu'il avait, sans s'en apercevoir, laissé tomber en tirant son mouchoir de sa poche. Je ramassai ce papier: et voyant que c'était une lettre, je ne me fis aucun scrupide de l'ouvrir et de la lire. Je la luï en efl'et si souvent, que je peux vous la répéter presque mot pour mot. Voici donc celte lettre.
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