CHAPITRE V
Dans lequel la méprise de l'hôte jette Sophie dans la plus affreuse consternalion.
Mistress Filzpatrick coiitiiuiait son récit, lorsqu'elle fut interrompue par l'arrivée du dîner, au grand chagrin de Sophie ; car les infortunes de son amie avaient excité tout son intérêt, et ne lui laissaient pins d'autre besoin que celui que mistress Fitzpatrick allait satisfaire en achevant son histoire.
L'hôte se tenait auprès de la table , une assiette sous le bras, avec un maintien aussi respectueux que si ces dames fussent arrivées dans un carrosse à six chevaux.
La dame mariée paraissait moins affectée de ses propres malheurs que ne Tétait sa cousine; car la première mangea de fort bon appétit , tandis que l'autre pouvait à peine
2IO ÏOSI JONES,
avaler un morceau. Sophie paraissait aussi plus triste et plus accablée que mistress Fitxpatrick, qui, s'en étant aperçue, engagea son amie de prendre courage, en lui disant : « Tout cela finira peut-être mieux que ni vous ni moi ne nous y attendons. »
L'hôle crut alors avoir trouvé une occasion favorable pour ouvrir la bouche, et n'eut garde de la laisser échapper. « Je suis fâché, madame , dit-il , que madame ne puisse manger; car, sûrement, vous devez eu avoir besoin après un si long jeûne. J'espère que madame n'a aucune iuquiétude ; car , comme dit madame qui est là, tout peut fiuir mieux qu'on ne s'y attend. Un genlilhouime qui était ici tout à l'heure a apporté d'excelleiites nouvelles; et peut-être certaines personnes, qui en ont laissé d'autres deniere, poin'iout gagner Londres avant qu'on ait pu les atteindre; et dans ce cas, je ne fais aucun doute qu'elles u'y trouvent des gens très-bien disposés à les recevoir. •>
Tous ceux qui ont des motifs de crainte convertissent en de nouvelles ciainfcs tout