‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 2)Chapitre 87 sur 163 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Dans lequel mistress Fitzpalrick termine son hisloiit»

Pendant que mistress Honour, fidèle aux ordres de sa maîtresse, était allée commander un bowl de punch , et inviter l'hôte et l'hôtesse à en prendre leur part avec elle, mistress Fitzpalrick continua son récit en ces termes :

« La plupart des officiers qui étaient en garnison dans une ville de notre voisinage, étaient IV. I ri

de la connaissance de mon mari. De ce nombre était un lieutenant assez joli homme, qui avait épousé une femme d'un caractère et d'une conversation si agréables, (|u'à peine notre connaissance fut-elle faite, c'est-à-dire peu de temps après mes couches, nous devînmes compagnes presque inséparables ; car j'eus également le bonheur de lui plaire.

« Le lieutenant, qui n'était ni ivrogne, ni chasseur, était fréquemment de nos parties. Il faut convenir qu'il nélait que très-peu avec mon mari , et qu'il ne le voyait qu'autant que la politesse l'exigeait d'un homme qui passait presque toute sa vie dans notre maison. Mon mari témoignait souvent beaucoup d'humeur parce que le lieutenant préférait ma compagnie à la sienne ; il me repro(-bait avec dépit et en jurant de lui enlever sa société, disant que je devrais être damnée pour avoir gâté un des plus jolis garçons du monde, et en avoir fait une vraie soupe au lait.

« "Vous vous tromperiez bien , ma chère Sophie , si vous imaginiez que le courroux de mon mari provînt de ce que je lui enlevais la

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