‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 2)Chapitre 88 sur 163 · LIVRE xr · texte numérisé non relu

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compagnie du lieutenant, car ce n'était pas nn honinie dont la société pût plaire à un sot ; et , quand cela eût été possible , mon mari avait d'autant moins le droit de m'attribuer cette perte, que le plaisir de ma société était, je n'en doute point , le seul motif qui attirât le lieutenant dans notre maison. Non , mon enfant , c'était l'envie la pire et la plus implacable de toutes , l'envie que cause la supériorité d'esprit. Le misérable ne pouvait souffrir que ma conversation fut préférée à la sienne par un bomme dont il ne pouvait , sous aucun rapport , concevoir la moindre jalousie. O ma chère Sophie ! vous êtes une personne pleine de sens et d'esprit ; si jamais vous épousez, comme cela est bien probable, un homme qui ait moins de mérite que vous, éprouvez son caractère avant le mariage , et voyez s'il peut prendre sur lui de se soumettre à tant de supériorité. Promeltez-moi , Sophie , de suivre cet avis , vous en reconnaîtrez l'importance par la suite. — Il est très-probable que je ne me marierai pas , répondit Sophie ; j'espère au moins que je n épouserai

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jamais un homme qui me paraîtrait manquer de bon sens ; mais si cela m'arrivait , je vous promets que je renoncerais plutôt au mien, que de m'exposer à d'aussi fâcheux résultats. — Renoncer à votre propre bon sens ! répliqua mistress Fitzpatrick, fi donc, mon enfant! je ne vous jugerai pas si défavorablement. On pourrait m'amener à faire l'abandon de tout autre avantage, mais jamais de celui-ci. La nature n'aurait jamais accordé à la femme cette supériorité qu'elle a en tant d'occasions, si elle avait voulu que nous en fissions l'abaiidon à nos maris ; les hommes de sens euxmêmes n'attendent point cela de nous, et le lieutenant dont je viens de vous parler en est un exemple remarquable ; car, bien qu'il eût une raison parfaite, il avouait toujours ( ce qui était très vrai) que sa femme en avait encore davantage, et c'était peut-êlre un des motifs de la haine que mon tyran avait pour elle.

« Avant de me laisser ainsi gouverner par une femme, disait-il, et surtout par une si laide chienne ( car ce n'était pas m effet une beauté

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