‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 2)Chapitre 90 sur 163 · LIVRE XI. aaS · texte numérisé non relu

LIVRE XI. aaS

trick; j'ai lu V Histoire de France de Daniel, les Vies de Plutarqne, V Atlantide^ V Homère de Pope, tout le théâtre de Dry don, Chillingworth , la comtesse d'Aulnoy, et VEntendemenl humain de Locke.

« Pendant cet intervalle, j'écrivis à ma tante trois lettres très-soumises, et, j'osais le penser, très-touchantes ; mais comme je ne reçus de réponse à aucune , mon orgueil blessé m'interdit de m'adresser dorénavant à elle. « Ici elle s'arrêta, et regardant fixement Sophie : «lime semble, ma chère, lui dit-elle, que je lis dans vos yeux le reproche d'avoir négligé de m'adresser à une autre qui m'aurait accordé un plus tendre retour. — Ah ! ma chère Henriette , répondit Sophie , votre histoire sert d'excuse à tonte espèce de négligence , et je sens que je me suis rendue coupable de la même faute envers vous, sans en avoir eu une aussi bonne raison; mais continuez, je vous ])rie, car je brûle et je tremble de savoir la fin de votre histoire. »

Mistress Fitzpatrick poursuivit donc en ces termes : « Mon mari fit aLors uii second

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voyage eu Angleterre, où il demeura plus de trois mois. Durant la plus grande partie de ce temps, je menai une vie que rien ne pouvait me rendre tolerable, si ce n'est le souvenir d'en avoir mené une pire encore ; car la solitude absolue ne peut jamais convenir à une femme sociable telle que je le suis naturellement, que quand elle la délivre' de la compagnie de ceux qu'elle hail. Ce qui vint ajouter encore à mon malheur, fut la perle de mou enfant : non que je prétende avoir eu pour hii cette tendresse folle dont je crois que j'aurais été capable dans d'autres circonstances, mais j'avais résolu de remplir dans toutes les occasions les devoirs de la plus tendre mère ; et ce soin m'avait empêchée de sentir le poids de ce qu'il y a de plus pesant sur la terre, quand personne ne nous aide à le supporter.

« J'avais passé deux mois et demi presque entièrement seule, n'ayant vu pendant tout ce temps que mes domestiques, et n'ayant reçu qu'un petit nombre de visites, quand une jeune dame, parente de mon mari , vint du fond de l'Irlande pour me voir. Elle avait déjà passé

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