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« J'y demeurai encore quinze jours , et, s'il faut dire la vérité, ma constance était presque à bout ; je commençais à penser à la soumission, quand un jour, en l'absence de mon mari qui n'était sorti que pour un moment, par le plus grand bonheur du monde, un accident arriva. Je... au moment où je commençais à m'abandonner au plus violent désespoir... lout devient excusable dans une circonstance pareille... en ce même moment je reçus... mais il faudrait une heure entière pour vous conter cela en detail... En un mol donc ( carjene veux point vous fatiguer de détails), l'or, le passe-partout de toutes les serrures, ouvrit ma porte et me rendit la liberté.
«« Je me rendis eu toute hâte à Dublin, où je m'embarquai pour l'Angleterre. J'allais sans ra'arrèter, à Balh, pour nie mettre sous la protection de ma tante, ou de votre père, ou de quelque autre de niesparents,qui voudrait bien me l'assurer. Mon mari m'a rejoint la nuit dernière à l'auberge où je couchais, et que vous avez quittée quelques minutes avant moi ; mais ir. ifi
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j'ai eu le bouheur de lui échapper et de sou* suivre.
«< C'est ainsi, ma chère, que finit mou histoire ; elle est assurément fort tragique pour moi, mais peut-être devrais-je vous demander pardon de 1 ennui qu'elle vous a causé. »
Sophie poussa un profond soupir, et répondit: « Henriette, en vérité, je vous plains de toute mon arae ; mais que pouviez-vous espérer ? Pourquoi, pourquoi épousiez-vous un Irlandais ? ■>
« Je vous proteste, répliqua sa cousine, que votre critique est injuste: il y a parmi les Irlandais des hommes qui ont autant de mérite et d'honneur que les Anglais; et même, s'il faut dire la vérité, la grandeur d'ame est peut-être plus commune chez eux. J'ai eu aussi plusieurs preuves qu'il y a de bous maris; et, si je ne me trompe, il n'y en a guère en Angleterre. Demandez-moi plutôt ce que je pouvais espérer en épousant un sot, et je vous réppndrai une grande vérité, c'est que je ne savais pas qu'il en lût un. — Croyez-vous, dit So-
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phie d'lme voix faible et altérée, qu'un homme qui n'est pas un sot ne puisse faire en aucun cas un mauvais mari ? — En aucun cas, répondit mistress Fitzpatrick, ce serait peut-être trop affirmer, mais je pense qu'aucun ne doit l'être plus probablement qu'un sot. Parmi tous ceux que je connais , les plus sots sont aussi les plus mauvais maris, et j'oserai mettre en fait qu'un homme d'esprit se conduit rarement très-mal envers une femme qui se conduit très -bien avec lui.»