LIVRE XI, CHAPITRE III. I
lie tous points sa dupe; car, lorsqu'une vieille a résolu d'aller au diable, il n'est pas plus possible d'en détourner l'une, que d'empêcher l'autre de s'en saisir. Mais la jeunesse et la beauté sont dignes d'un meilleur sort; et je voudrais les sauver de sa griffe. Croyezmoi donc , chère Henriette , ne souffrez pas que cet aventurier ait rien à l'avenir de par-
ticH^ier avec vous. Il me donna encore
d'autres conseils, auxquels je ne prêtai que l'attention du moment : l'amour démentait ses avis; et rien n'eût pu me faire croire que des femmes de condition voulussent commercer avec im homme tel que celui que M. Nash me dépeignait
Mais je crains bien, belle Sophie, que ces détails ne vous ennuient. Ainsi, pourabrcger, imaginez-moi mariée; imaginez-moi, avec mon époux, aux pieds de ma sublime tante ; imaginez ensuite ce qu*on vit jamais de plus forcené à Bedlam ' : c'est ma tante que vous verrez; et votre imagination ne vous peindra rien au-dessus de la réalité.
' C'est riiôpital des fous , à Londres.
Iaoo TOM lOttES.
Celle amante outragée, pour éviter de TCvoir M. Fita-Patrick, pour me fuir moimême, et peut-être tous ceux qui avaient ■ quelque connaissance de ses amours, partit
L dès le lendemain. Je sais qu'elle a nié trè»-
■ fermement toutes les particularités qui la
concernaient dans cette aventure; et sans , doute son ressentiment dure encore; car,
malgré toutes mes soumissions, et malgré toutes les lettres que je lui ai écrites en différens temps, je n'ai pu parvenir encore à recevoir «ne réponse de sa part. Hélas! c'est pourtant elle qui, quoique sans dessein, fut la cause de mon malheur. Sans son très-ridicule espoir d'être aimée de M. Fitz-Patrick, il n'eût sans donle jamais trouvé les occasions de surprendre mon cœur.
' Je me flatte du moins que ma conquête n'e&t pas été si facile pour un pareil amant; et si mon âge m'eût permis de juger par mes propres lumières-, j'eusse peut-être éiê trompée moins grossièrement dans mon choix. Mais j'en croyais aveuglément l'opinion d'autrui,ctjc fus assez sotte pour regarder comme universellement r