LIVRE XI, CHAPITRE IV. ^OJ
question , dans la lettre du tailleur , dit douaire de ma tante , et M. Fitz-Patrick n'ignorait certainement pas que madame Western n'avait jamais eu d'époux... Je pensai, par conséquent, que ce créancier pouvait avoir écrit ou de sa tête , ou sur des ouïdire , et que tout ce qui me choquait dans sa lettre était plus digne de mépris que de colère... Le beau raisonnement, chère Sophie ! J'étais bien meilleur avocat que juge. Mais, sans chercher à justifier le pardon que j'accordai à mon perfide, il m'avait témoigné ce jour-là tant d'amour, qu'eût-il été ceçt fois plus criminel , je ne l'aurais vu qu'innocent.
Dès cet instant je cessai de m'opposer à mon départ; et en moins de huit jours nous arrivâmes chez M. Fitz-Patrick.
Si j'étais aussi gaie qu'autrefois, je vous peindrais cette antique gentilhommière, trop grande, eu égard aux appartemens, trop petite y eu égard à ce que j'y trouvai d'habitable.
Une espèce de mo^iie, plus vieille encore que la maison, et ressemblant exactement à
ao8 TON Jones.
la doyenne dessorcièrus de Macbeth*, nous recul à la porte, et dam ud langage, ou plutôt avec des hurlemens que je croyais»
]ieine humains, célébra l'arrivée de son cher maître.
La scène entière enfin fut si maussade et si dégoûtante à mes yeusjqueje pensai m'évanouir. Mon mari, qni s'en aperçut, sans chercher à me consoler, ne fit qu'ajouter à mapeineparde fades plaisanteriesqiit m'annonçaient tout ce qui me restait à craindre.
Par ce début vous pouvez présumer les suites. Mon époux redevint lui-même, ne se contraignit plus, et me rendit bientôt la ' plus malheureuse des femmes.
Vous concevez , chère Sophie , qu'une femme, qui, aux yeus du monde, a fait un mauvais mariage, doit nécessairement avoir éperdhment aimé l'objet qu'elle a choisi.
Vous présumez aussi que cet amour peut par degrés s'éteindre, surtout quand le mépris s'en raèle : c'est une épreuVe que j'ai faite. Dès que j'eus découvert toute la bas-
■ TragÉdia de Sliaknpevc.