‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 3)Chapitre 126 sur 165 · LIVRE XI, CHAPIT&E VII. a · texte numérisé non relu

LIVRE XI, CHAPIT&E VII. a

(lis sincèrement, que j*ai mainte fois soupçonné tous ces terribles enchanteurs, dont fourmillent nos vieux romans, de n'avoir en îffet été que des maris de ces temps- là; et jue des nœuds mal assortis étaient peut-être es seuls châteaux où gémissaient tant de

jentes victimes.

Ce seigneur, qui avait une terre dans le voisinage de Fitz-Patrick, avait eu occasion de voir quelquefois Son épouse. Aux premières nouvelles de son emprisonnement, il avait pris la résolution de briser ses fers, et il en avait eu la gloire : non pas, à la vérité, en attaquant le château de bonne guerre, à la façon des anciens paladins, mais en gagnant le gouverneur à beaux deniers comptans.

Comme la dame Fitz-Patrick avait cru ces circonstances trop légères pour être racontées à sa cousine, nous nous étions fait un plaisir de laisser au lecteur celui d'imaginer lui-même, pendant quelques instans, par quels moyens elle avait trouvé tout l'argent nécessaire pour corrompre son guichetier; sans quoi nous nous trouvions forcés d'interrompre sa narration.

ao.

:i34 'FOM JONES.

Mais revenons à nos moutons»,. '

Le pair , après les premiers complimens d* usage y ne put se dispenser de témoigner à madame Fitz-Patrick quelque surprise de la trouver dans Cette hôtellerie, tandis qu'il la croyait à Bath. £lle lui en apprit les raisons, ainsi que la résolution qu'elle avait prise d'aller à Londres avec sa parente, qui, ajoutait- elle, venait aussi de s'échapper des mains d'un tyran tout aussi. cruel que le sien même. -

Milord, qui concluait delà que ce tyran pouvait encore être un époux , n'en félicita que d'autant plus les dames, etn'ei^ invectiva qu'avec plus de chaleur contre son propre sexe. Il termina son discours par leur offrir sa protection , et son carrosse à six chevaux pour les conduire à Londres; ce qui fut d'ahord accepté sans façon de la part de madame Fitz-Patrick, qui enfin engagea Sophie à en faire de même. Les choses ainsi arrangées , mikurd prit congé des dames , qui ne tardèrent pi^»à se mettre au lit, où madame Fitz-Patrick entretint longtemps sa cousine de l'excellence du carac-

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tère et des vertus du seigneur irlandais.

Elle appuya particulièrement sur l'extrême tendresse qu'il avait toujours eue pour son épouse, et sur ce qu'il était peut-être le seul homme de son rang qu'on ne pût accuser d'avoir jamais donné la moindre atteinte au lien conjugal. Ah ! ma chère Sophie, s'écriat~elle en finissant, que cette vertu devient rare, et surtout dans un certain monde!

"N'y comptez; pas, je vous en prie, si jamais vous vous marie?; : vous seriei trop cruelle-* ment trompée.

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