‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 3)Chapitre 18 sur 165 · LIVRE VIII, CHAMTRE V. 3l · texte numérisé non relu

LIVRE VIII, CHAMTRE V. 3l

N« cherthez point à m'efBraycr, lui dit Jones, bien moins encore à me flatter mal à propos; dites~moi nettement ce que vous au-^ garez de mon état.

Est-ce en chirurgien, est-ce en ami, lui dit fienjamin, que vous voulez que je réponde? £n ami, répliqua Joncs. Sachez donc, lai dit le raseur, qu'il faudrait beaucoup d'art pour empéchet cette plaie d*étre guérie avant qu'il soit trois jours. Voici un emplâtre qui ne vous coûtera pas plus qu'à moi : si vous voulez vous y fier, je réponds de vous corps pour corps. Tom consentit à tout; l'emplâtre fut bientôt prêt, et le pansement terminé.

Maintenant, s'écria Benjamin, j'abandonne la dignité; car elle est nécessaire aux gen^ de la profession que je viens d'exercer, sans quoi nous n'en imposerions jamais. Vous ne sauriez imaginer combien l'air grave et réfléchi ajoute au poids de nos décisions. Un barbier^ sans que sa dignité en souffre, voit ripe 'se$ pratiques; l'autre aime mieux les voir pleurer.

Jones, de plus en plus enchanté du carac-

tère de Benjamia, présuma 'que l'histoire de cfitLcimnie était digne d'être cQtGoduej coQséquence il le pria de la lui raconter. Le barbier, qui aimait à parler, et qui étaitravi qu'on l'en priât, fetroa la porte de la chambre; et s'étaot rapproché de Joues avec un au* sévère : Vous voulat, dites-rous , que je raconte mon histoire?.... Et bien, saches que je revois en vous le plus grand de mei ennemis.

Qui? moi! s'écria Jones : qui? moi, votre ennemi), .. Je ne vous vis, je crois, jamais.... Calmez-vouS,lmditBenjamin,jeuesui$pas le vôtre. Si vous avez causé tous mes malheurs, vous étiez un enfant; je ne saurais vous en vouloir..... N'auriez -vous pas conservé quelque idée d'un certain Partridge, qui eut autrefois l'honneur de passer pour votre père, et dont ce titre a causé la ruine... J'en ai beaucoup oui parler, lui dit Jones, et je me suis toujours cru son fils... Vous le voyez, ce malheureux.' Rartrid{!e. Vous n'ér tes point mou fils... Ciel ! qu'entends-je ? s'écria Tom : eh ! qui donc est mou père? et coi»ment se peut-it qu'un faux soupçon vous ait

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