LIVRE VlII, CHAPITRE IX
la nuit, de peur d'en rencontrer. Mais ôti craiôt également de le voir; car son seul aspect est suffisant pour eÏTrayer quiconque ne Ta point déjà vu. On l'appelle dans le pays V Homme dé la Montagne , parce qu'il s'y promène volontiers la nuit : le diable tnéme n'est pas plus rédouté par lé petiple... Et je crains toute sa fiireur, s'il faut qu'il vous i^encontre ici ! '
Piartons, Monsieur, dit en frémissant Partridge ; je ne sens plus de froid, et me voîlà prêt à vous suivre : n'irritons pas le maître de cette bonne femmej elle pôurt-ait à'eb içessentir, et... croyez-moi. Monsieur, partons... la nuit est admirable... El voyez-vous ces pistolets tout le long de la cheminée?... ils sont chargés, sans doute. .. et qui sait.. . Tais-toi, lui dit Jones, en le regardant de travers : je te garantis de toute espèce de danger..; Oh! quant à cet article, interrompit la vieille, il n'a jamais fait de mal à personne ; s'il a de^ armés, c'est pour àa sûreté : cette maison a déjà soutenu plus d'un siège, et depuis quelques nuits nouS àvonà cru entendre des voleurs. A mon égard, je ne puis
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concevoir qu'il n'ait pas encore «té assaut dans ses promenades nocturnes. Il na| doit sans doute qu'à la crainte qu'il a rw pandue d!ins l'esprit du peuple, et au p^ d'apparence qu'il vaille la peine d'être vo~fc
J'aurais cru, lui ditTom,iiIa vue des evireléî qui'ornent cet appartement, que votre maître était un voyageur... Aussi l'a-t-il été, répondit la vieille, et même très-famenx.-il est peu d'hommes plus savans que lui, et je soupçonne qu'il n"a pas été heureus en amour. Mais, quelle que soit la cause du train de vie qu'il a choisi, il est sûr que, depuis trente ans passés que je le sers, il n'a pas dit quatre mots à personne.
Le plaisir de parler avait fait oublier à ta bonne femme que son maître pouvait arriver à chaque instant, et celui de s'entretenir d'un homme si extraordinaire, rendait Jones aussi abondant en questions que Partridge en bonnes raisons pour déloger au plus tât; lorsque la vieille, en pâlissant tout à coup, s'écria qu'elle entendait te signal de son maître, et qu'au même instant une autre vois fit entendre ces mots : Allons, vieux coquin,