‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 3)Chapitre 41 sur 165 · LIVRE VIII, CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE VIII, CHAPITRE X

d'excéder non-seulement la rente qui m'était assignée, mais encore les différens supplémens que j'arrachais, pour ainsi dire, de mon pauvre père, sous mille prétextes supposés. Cependant mes demandes devinrent enfin si importunes, que ce père commença à prêter l'oreille aux différens rapports qu'il recevait de tous cotés de ma conduite^ et que ma mère ne manquait jamais d'empoisonner encore.

Au lieu d'argent, je ne reçus plus que des remontrapces, et les refus de mon père achevèrent de hâter ma perte. Il fit bien cependant :, car, pour peu qu'il en eût voulu croire im ^eune fou qui prétendait aller de pair avec sir George Gresham, le bonhomme eût été bientôt sur la paille.

L'état horrible où je me trouvai alors, est au-dessus de toute expression. Je n'ouvris les yeux que pour me voir environné d'abîmes, et pour chercher en, vain quelque sentier qui pût m'en garantir..

Tel était le grand art de sir George I C'est ainsi qu!après avoir étouffé exK naissant vingt de ses condisciples,^ le biarbare in-

le

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sultait encore à la chtite dès petits phosphores (c'était son' expression) qui avaient eu l'audace de vouloir briller à côté de lui.

Ma tété se trouva bietitôt aussi dérangée iqûe ma fortune. Je ne vis rien de criminel tjiie je ne fusse en état d'affronter pour me i-elever de ma chuté. Le projet d'attenter sur moi-même devint même l'objet le plas sérieux de mes réflexions; et je l'aurais sans doute effectué , si une autre idée moins tragique, quoique peut-être non moins criminelle , ne fàt venue tout à coup m'en distraire Ici lé solitaire hésita s'il devait

poùrsuivt'e; puis il s'écria tout ^ coup : Oui je proteste, à la face du ciel, qu'après te pleurs et les regrets que m'a coûté ce crirtf je n'ose me flatter de l'avoir encore expi< Jugez-en, et par mes remords, el par 3 honte en vous le racontant. V

Jones, attendri, pria lé solitaire de | primer de son récit tout ce qui pourrai nouveler trop vivement ses peines.^' tiidge, au contraire, le pressa de toulf en protestant de sa discrétion ; et le f

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