LIVRE VIII, CHAPITRE X. 7I
gogue allait essuyer une nouvelle mercuriale de la part de sou maître, lorsque le vieillard continua ainsi :
J'avais un camarade qui, quoique jeune, était aussi honnête et aussi rangé que je Tétais devenu peu. Il avait poussé ses épargnes jusqu'au point d'avoir amassé quarante gainées qu'il conservait dans ^on secrétaire. Je saisis l'instant de son sommeil pour en prendre la clef, que je remis dans sa poche après m'étre emparé de son petit trésor.
Les voleurs timides se perdent presque toujours par trop de précautions : c'est ce qui m'arriva. Si j'eusse simplement brisé la serrure du secrétaire, peut-être n'aurais-je pas été plus soupçonné qu'un autre. M^is?
comme il était clair que le voleur s'était servi de la clef du volé , on ne pouvaij: jeter les yeux que sur celuf qui partageait sa chamr bre. Mon camarade était fimide, moins fort et moins âgé que moi : il n'osa m 'accuser en face; mais, après avoir raconté le fait au vice- chancelier du collège, il ne lui fut pas difEcile d'obtepir un décret contre celui de
in
te
72 T03kt JONES.
tous les écoliers dont les mœurs étaient le plus décriées. ^
Heureusement pour moi je ne couchais point cette miit au collège : j'avais un rendez-vous à Witing, avec une jeune personne |ït que j'aimais; et nous revenions ensemble le lendemain malin à Oxford , lorsque , instruit par un de mes amis de ce qu'on disait ^e sur mon compte, je pris le parti de n'y pas m rentrer.
Je proposai à ma compagne d'aller à Londres ; et ce n'était pas son avis : mais dès qu'elle eut vu mon argent elle se montra plus docile.
Vous jugez aisément que, dans cette ville, et en si bonne compagnie, je vis bientôt la fin de mes finaudes, et que ma situation ne tarda pas à devenir plus déplorable encore que ci-devant. Je vivais du moins à Oxford : tout me manquait h Londres, et je n'envisageais point de ressources. Pour comble de malheurs , j'étais devenu passionnément amoureuxvde ma maîtresse, et ses besoins étaient égaux aux miens. Voir souffrir une amante, être dans l'impuissance de la soulager, sentir