‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 3)Chapitre 43 sur 165 · LIVRE VIII, CHAP'ITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE VIII, CHAP'ITRE X

en même temps que c'est à son amant seul qu'elle a droit d'imputer ses peines, est peutêtre la situation la plus horrible qu'il soit possible d'imaginer; et, pour bien l'imaginer, il faut l'avoir sentie.

Ah ! Monsieur, interrompit Jones, je Te crois, je le sens; je vous plains de toute mon âme. Pénétré de cette idée, Tom; après quelques tours de chambre, vint se r;ïs— seoir, demanda pardon à son hôte, et s'écria : Grâces au Ciel , j'ai du moins su me garantir de ce comble d'horreur !

Cette cruelle circonstance, continua le Solitaire, aggrava tellement les ennuis de ma situation présente, qu'elle me devînt absolument insupportable. Je souffrais pourtant toutes les extrémités de ma propre mi-' sère, avec bien moins de peine que je n'en ressentais lorsque l'impossibilité même me mettait hors d'état de satisfaire à la moindre fantaisie de mon amante; et quelle amante encore ! Tous mes amis avaient été les siens !... N'importe, mon aveuglement, ou plutôt ma fureur, alla jusqu'au point de vouloir en faire ma femme; mais, à l'entendre, elle xt. • 7

ne pouvait se résoudre à m'exposer jusqu'à ■> ce point au ridicule dont je me couvrirai) aux yeux du monde. Ce fui sans daule aussi par uo principe de compassion des pciim que je prenais pour la faire subsister, qu'elle se détermina enfin à me soulager d'un fardenu si pénible, en se livrant ù l'un du sci anciens amans d'Oxford, et sur les poursuites duquel on vint un matin m'enlever, pour me jeter dans un cachot

Je commençai ulors.'iréflcchir sut IcségS' remens de ma vie, sur les forfaits dont je m'étais rendu coupable, sur les infortunes que je m'étais attirées par ma fauié, et sur les chagrins cuisans que j'avais causés au plus digne des pères. Lorsqu'à toutes ces réflexions accablantes vint se joindre Icsou- Tcnir de ma maîtresse et de sa perlldie, l'horreur que je me sentis pour moï-méffle me saisit au point de me faire envisager la vic'comme un supplice.

Le temps des assises ' arrivé, je fus trans-

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féré à Oxford, où, pour recevoir ma condaiîinalîon , je n'avais besoin que d'un accusateur. Mais, contre toute attente, il ne s'en présenta point; en sorte que, les sessions finies, je me vis pleinement absous. Mon camarade, 4ce que j'ai su depuis, avait quitté Oxford, et, soit par indolence ou par quelque autre motif que j'ignorais , s'était peu embarrassé de cette affaire.

Ici, dit l'auteur anglais, le solitaire, encore une fois interroinpu par Partridge, jugea à propos de reprendre haleine. Invitons le lecteur à en faire autant

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