‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 3)Chapitre 46 sur 165 · LIVRE VIII, CHAPITRE XI. 8l · texte numérisé non relu

LIVRE VIII, CHAPITRE XI. 8l

suis point embarrassé de ma sortie, et je vous attends au coin de la rue.

Cet expédient ne me plaisait guère: je le lui marquai, en le priant très -instamment de payer le tout, et de ne pas m'e^^poser à quelque avanie. Il me jura qu'il ne lui restait pas un demi-schelling dans sa bourse ; et je me vis forcé d'en passer par ce qu'il voulut.

Il descendit alors, et je l'entendis crier d'un ton ferme à un garçon du cabaret, qu'il rencontra sur l'escalier, que la dépense était sur la table. Heureusement que ce garçon montait plus haut, d'où l'on sonnait trèsfort : je saisis ce moment pour déloger à mon tour, et je trouvai M. Watson qui m'attendait à l'endroit indiqué.

Nous arrivâmes au jeu, où je ne fus pas peu surpris de voir Watson, ainsi que les autres joueurs, étaler sur la table une trèsgrosse somme en or. Chacun de ces messieurs arrangeait et contemplait son propre tas comme un appât fait pour attirer bientôt celui de son voisin, qu'il regardait déjà comme destiné à grossir bientôt le sien.

Tous les caprices de fortune dont je fus témoin seraient trop longs ;\ racoDter. Dei monts d'or en un inslant réduits ù rien, et s'élevaut au même instant à quatre pas de là, le riche tout à coup devenu pauvre, el le pauvre enrichi, m'olTrirent un taLleas beaucoup plus propre à inspirer le méprif des richesses, et l'incertitude de leur durée. que tous les argumens des philosophes.

Qtiaut k moi, après avoir plus d'une foii TU centupler mon modique trésor, j'eus \i douleur de me le voir inhumainement eulevé par un seul coup de dé. M. Watson liri même, après avoir long-temps éprouvé l« caprices de la fortune , déclara en se levan tout à coup, avec émotion , qu'il avait perdi ceu'tguiaées, et qu'il ne tenait plus. Il voulu ensuite me ramener à notre cabaret : je l refusai net, et même avec quelque dépit après le tour qu'il m'avait joué avec se poches pleines d'argent, et qu'à plus forti raison il me jouerait encore après avoir diaoit-il, tout perdu. Misère I me répondi cet homme singulier : je vieus d'emprunté!

deux gninées ik un ami; eu voilà une A toi

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