‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 3)Chapitre 47 sur 165 · LIVRE VIII, CHAPITRE XI. S · texte numérisé non relu

LIVRE VIII, CHAPITRE XI. S

service. Il me la mit en effet dans la main , et je n*eus garde de me faire presser davantage.

J'avais pourtant quelque répugnance à retourner dans la même maison d'où nous étions sortis si mal. Que je connaissais peu ce monde-là ! Le garçon, dès qu^il nous vit paraître, nous accueillit le chapeau à la main, et parut à peine oser nous demander si nous n'avions pas oublié de payer en sortant la petite dépense de l'après-midi. J'affeclai quelque surprise de notre distraction; je tirai négligemment ma guipée de ma poche , et lui dis, en riant, de se payer.

M. Watson ordonna le souper le plus extravagant. Il s'était contenté, deux heures auparavant, du vin le plus commun f le BourgogneXe mieux choisi était à peine alors digne de lui.

Notre compagnie se trouva bientôt aug^ mentée d'une partie des joueurs que nous venions de quitter, qui tous mangeaient trèspeu et ne buvaient pas davantage, mais qui servaient et faisaient boire abondamment des jeunes gens arrivés avec eux, et dont on

croysit devoir échaufTer la léte ponr le piller d'auiant plus aisémeot. C'est ce qi< fut exécuté sans miséricorde. J'eus même I bonheur d'avoir part au butin, quoique j n'eusse pas encore l'honneur d'être jnili dans les mystères de cette honnête e6inpi

Je n'oublierai jamais un trait qui n frappa siugulièreroeot ce soir-là : la tab était couverte d'or; mais ce même or A mînua tellement par degrés, que vers quali heures du matin à peine y pouvait-on com] ter quatre gainées, Ce qui me surprit enco] plus, c'est que chacun, excepté moi, ex:

■lierait très^ouloureusement ses pertes.

Page 1