‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 3)Chapitre 53 sur 165 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Suite et condnsion de rHomme de la Montagne.

Monsieur Watson m'apprit en peu de mots, et sans aucun détour, qu'après avoir essuyé difFérens revers de fortune, il s'était trouvé si dépourvu de toute espèce de ressources, qu'il avait eu recours à celle de terminer sa vie et ses malheurs.

Je tâchai de combattre de mon mieux le principe infernal du paganisme, qui autorise en quelque façon le suicide : je rassemblai enfin tout ce que je crus capable d'intimider un païen même, en lui démontrant son erreur. Mais je parlais en vain. Watson , après m'avoir regardé quelque temps d'un œil tranquillement sinistre, ouvrit enfin la bouche pour me dire que j'étais bien changé depuis notre séparation; que nul de nos évéques ne prêchait avec plus d'onction que moi; mais que^ si quelqu'un n'avait pas II. q

cL-nt gainées à luî prêter dans la jouroée, il savait bica ce (jui lui restait à faire.

Oui, je suis bieo changé, lui ilis-je; j'ai conaiimeségareinens, j'ai su m'en repentir:

il ne tiendra cju'à vous de m'imiter. Si j'étais même convaincu que la somme à laquelle vous attachez le prix de votre vie put en effet rétablir vos afTaires, et ne dit pas être hasardée sur une carte ou sur un coup de dé , je serais peut-éire homme à vous l'offrir.

M. Waison, que le commencement de mon discours avait presque assoupi, réveille par ces derniers mots, se leva tout à coup, me serra dans ses bras, m'appela mille fois son père, et tenta de me convaincre qn'il avait aoquis trop d'expérience" pour être encore attaché au jeu après en avoir été si cruellement maliraité. Non, non ! s'écriat-il , que l'on me mette senlement en état de reparaître décemment dans le monde et d'y choisir une profession honnête , si la fortune me séduit et me trahit encore, je l«

Je confirmai M. Watson dans des dispositions si louables, et dont la sincérité m'é-

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