LIVRE VIII, CHAPITRE XIII. gg
tait pourtant encore un peu suspecte. Il me les confirma par mille sermens; et je lui donnai un billet de 5o livres sterliujj, avec promesse de lui apporter le reste en argent le lendemain dans la matinée.
Mais en entrant dès Taprès-dînée même, sans être annoncé, dans sa chambre, concevez mon étonnement lorsque je le trouvai jouant aux cartes sur son lit, et livrant mon billet de 5o guinées pour 25 à son antagoniste !...
Watson était confondu... J'ai voulu faire' une dernière épreuve, me dit-il; et je suis enfin convaincu que mon guignon ne peut se démentir : je renonce au jeu pour jamais; J'ai réfléchi sur vos bontés, et je vous réitère mes promesses : vous pouvez désormais, mon cher ami, compter sur leur stabilité.
Jugez combien j'avais lieu d'y compter!
Je complétai pourtant la somme que j'avais promise, et reçus d'autant plus malgré moi son billet, qu'il semblait m'ôter le mérite de l'avoir obligé aussi gratuitement que je pensais le faire.
Notre conversation Tut alors interrompye par l'arrivée de l'apothicaire, qui, sans s'informer de l'état du malade, n'eut riea de plus pressé que de nous annoncer une trèsgrande, très-intéressante nouvelle, et dont lut seul, disalt-it, venait d'être informé. Le duc de Monmouth étdit débarqué dans r^uest d'Angleterre avec une armée hollandaise ; une autre flotte formidable croisait à la hauteur de Norfal/f, et cherchait à y tenter une descente pour favoriser l'entreprise du duc par une puissante diversion.
Les événemens de celte nature font ordinairement taire les intérêts particuliers.
J'étais attaché à la religion et au gouvernement de mou pays : le roi semblait menacer l'une et l'autre. Convaincu que Monmouth, qui venait, dUait-on, les défendre, serait bientôt suivi de tous les zélés anglicans, je me déterminai aie joindre. Watson, par différens motifs peu nécessaires à détailler, prit la même résolution; nous nous pourvûmes de tout ce que la guerre exige, et allâmes offrir nos services au duc, h Bridgewater. Le malheureux succès de cette