‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 3)Chapitre 55 sur 165 · LIVRE VIII, CHAPITRE XTII. lOI · texte numérisé non relu

LIVRE VIII, CHAPITRE XTII. lOI

entreprise vous est sans doute aussi connu qu'à moi.

J*érhappai avec M. Watson de la déroute de Sedgemore , où j'avais été légèrement blessé. Après avoir erré long-temps dans le comté d'Ëxeter, nous trouvâmes enfin, dans un endroit peu habité, une vieille •femme qui nous retira dans sa cabane, et pansa ma blessure.

M. Watson me quitta le lendemain , sous prétexte d'aller chercher quelques provisions à CuUumpton; et j'attendais son retour avec toute l'impatience et l'inquiétude de l'amitié , lorsque je me vis enveloppé et saisi par un détachement de cavalerie du parti du roi Jacques.

£n déplorant mon sort, je déplorais celui de içon ami, qui, suivant mes craintes, ne pouvait manquer d'être bientôt arrêté par le même détachement. Les cavaliers ennemis, au nombre de six, m'avaient déjà lié, et me traînaient hors de la cabane pour me conduire dans les prisons de Taunton. Mais quel coup de foudre pour moi, lorsqu'en mettant le pied hors de la porte, j'aperçus

lOa TOM JONES.

Watsoii au milieu des soldats qui gardaient les dehors de la maison ! Le perfide m'aval/ trahi et vendu aux royalistes, dans Tespoir d'obtenir sa grâce.... Pardonnez à Thorreur que cet affreux souvenir jette encore dans mon âme...

Cependant la fortune, par un de ces caprices qui n'étonnent jamais que le vulgaire, où ceux qui les éprouvent, eut quelque pitié de mon sort. £n entrant dans un chemin creux, aux environs de Willingthon, mes gardes furent informés qu'un parti de cinquante révoltés était à leur suite, et allait tomber sur eux : il n'en fallut pas davantage pour leur inspirer une alarme si chaude, qu'ils se dispersèrent en un moment, et me laissèrent libre.

Après quelques jours de marche, pendant lesquels les champs seuls me fournirent le même lit et les mêmes secours que la nature offre aux sauvages nos semblables, le hasard me conduisit sur cette montagne, où la solitude et l'éloignement apparent de tout commerce avec les hommes fixèrent enfin ma demeure jusqu'au moment où la libuvelle

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