CHAPITRE III
Grand incident.
[OUR, amour ! quand tu nous tiens... Il il pourtant encore dans Tâme de Tom » des sentimens de pitié pour Moly, ne cherchait point à combattre , mais le troublaient pas moins son repos : il
encore pour cette fille une sorte d'atîment de reconnaissance qui ne lui perût pas de Tabandonner dans la situa- DÙ lui-même croyait Tavoir mise; et la atesse de ses sentimens pour Sophie i permettait pas non plus de manquer
qu'il croyait lui devoir. Comment ?
force d*y rêver, il crut enfin qu'il lui t possible de s'acquitter envers Moly loyen de quelques présens. Du carac-
violent et tendre dont il connaissait
fille, il s'attehdait à voir sa proposition
rejetée avec tout l'appareil du désespoir.
Mais elle était vaine, et il espéra que l'ofire d'une petite fortune, capable de la mettre tout d'un coup au-dessus de ses égales, pourrait, en flattant son ambition, larendremoins sensible à la perte de son amauL
Avec cette espérance, un jour que M. Western était à la chasse, Tom, le bras en écharpe, s'échappa du château sans être vu, et s'achemina chez Moly. La mère et les sœurs, qiii prenaient leur thé, lui dirent d'abord qu'elle était sortie. Mais la sœur aînée , quelques instans après, lui fit signe en souriant malignement que Moly était dans sa chambre.
Tom y monta, et fut surpris non-seulement de ce que la porte était fermée en dedans, mais de ce qu'après avoir heurté, on le feisait attendre. Il fallut cependant ouvrir; et Moly, interdite , eut d'abord peine à exprimer à son gré les différens sentimens que la vue inespérée de Tom produisait en elle après une si longue absence.
Quand les premiers transports furent calmés, Tom fit tomber par degrés la conversation sur les conséquences fatales d'une
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plus longue intimité entre eux. Il rappela à Moly le courroux, les défenses réitérées de M. Alworthy, et les malheurs certains qui les menaçaient Tun et l'autre si ce seigneur venait à apprendre qu'ils se vissent encore.
Il lui peignit toute la douleur qu'il avait de la perdre, et termina son «discours par lui.
offrir de quoi se former un établissement' solide avec quelqu'un de ses égaux, qui à- Vaspect de sa fortune se croirait encore trop^ heureux de l'avoir pour femme.
Moly, frappée d'étonnement, resta quelques instans muette; bientôt elle fondit en larmes... Quel coup pour une amante ! Ses sanglots redoublés lui laissaient à peine lusage de la voix. Ses regards étaient attachés sur Tom ; l'amour et le désespoir y étaient peints : ceux de Tom, fixés sur le Ht, n'osaient se relever jusque sur elle...
Cette situation, trop pénible pour tous les deux, et surtout pour Moly, ne pouvait durer long -temps. Notre amante irritée éclata bieiitôt en reproches : rien de tout ce que la rage et l'amour 4rahi ont droit
d'inspirer à une femme contre l'indigne ob«-
1^4 TOM JOKES.
jet de sa tendresse, rien ne fut oublié pour accabler cet infidèle amant.
Notre héros, trop faible contre un tel orage, et pressé par ses renîords, allait y succomber, lorsqu'un mouvement impétueux de cette fille (alors remisé sur son lit) fit k tomber dans la ruelle un lambeau de tapisserie qui offrit au!K regards de Tom un spectacle auquel il n'était pas plus préparé que mes lecteurs.
Ce morceau de tapisserie, mal attaché au haut du plancher, servait de rideau au lit de cette belle, et cachait un petit réduit où elle serrait ses hardes. Soit que ses bras se fussent embarrassés dans ce rideau, soit qu'il fiit mal attaché, jugez de la surprise du pauvre Tom, lorsque le fond du théâtre offrit à ses regards, qui ?... le lira-t-on sans en frémir, et puis-je l'écrire sans honte?... le philosophe Square ! et dans la position la plus risible.
La situation de nos trois personnages est digne d'un pinceau plus énergique que le mien. Square, dans un déshabillé très-libre, et plié en deux dans son trou, fixant de