LIVRE V, CHAPITRE VII. I
M. Western et les autres , ignorant le desr sein de Timpétueux Tom, l'avaient suivi à toutes jambes. Ils arrivèrent à l'instant même que Sophie ouvrait les yeux; et la scène tragique, à compter de cet instant, fut changée en scène de plaisir et dé reconnaissance. M. Western, après avoir cent fois embrassé Tom , et mille fois sa fille , ne voulut pas qu'il retournât chez lui, et prétendit l'emmener sur-le-champ à son château pour y faire panser ses plaies. Mais le bon cœur de Tom ne lui permettait pas d'abaiidonner ainsi les deux blessés, quoique ses adversaires. 11 obtint, mais non pas sans peine, de M. Western que l'on revînt à eux.
On les trouva sur pieds, se consolant mutuellement de leur disgrâce, et se promettant bien d'en tirer vengeance. C'est ce qu'ils firent dans l'instant, en rendant compte à la compagnie du sujet de la querelle, et en l'ornant des circonstances les plus propres à donner une idée très-peu édifiante des mœurs du pauvre Jones. Mais, malheureusement pour eux, M.^estern ne fit qu'en ^•re , ce qui acheva de les déconcerter au
igS TOH JONES.
point de refîiser le souper qu'il leur offi chez lui, dans la louable intention de pa fier toutes choses. L'ami Tonv, au contrai intéressé à se justifier dans l'esprit de Sop des imputations de ses deux ennemis, rendit avec grand plaisir à l'invitation son généreux défenseur.