‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 4)Chapitre 116 sur 170 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Matières cnrieiises.

Dis que M. Alworthy fiit arrivé chez lui, il appela son neveu dans son cabinet, et lui fit part des propositions de M. Western, en lui marquant toute la satisfaction qu'il aurait de ce mariage.

Blifil, sur qui les charmes de^ Sophie avaient à peine produit la plus légère impression, avait pourtant songé quelquefois qu'un parti si considérable pourrait lui convenir, et n'avait été arrêté dans les idées qu'il avait déjà eues sur elle, que par la crainte que M. Western, venant un jour à se remarier, ne diminuât peut-être trop la fortune de sa fille.

Dans ce cas -ci, cette crainte disparaissait C'était M. Western lui-même qui proposait le mariage; on pouvait le lier de

façon à ne pas craindre qu'il se remariât I. i8

jamais. Ainsi le pixident Blifil eut l'air de se ppéter avec plaisir aux désirs de son oncle, en se réservant néanmoins de lui faire insinuer par autrui ce que son ambition et plus encore son avarice n'osaient mettre au jour, eu égard aux précautions utiles qu'il convenait de prendre contre la liberté du beau-père futur dans les clauses du contrat

M. Alworthy écrivit dès le lendemain à M. Western, pour lui apprendre cond^ieù son neveu était reconnaissant des propositions qu'il avait daigné faire, et pour l'assurer que M. Blifil n'att^idait que l'heureux moment où il lui serait permis de s'aller jeter aux pieds de l'aimable Sophie.

M. Western, au comble de ses vœux, et sans songer à en dire un seul mot à sa fille, fixa l'après-dînée du jour même pour la première entrevue des deux amans.

Très -content de lui-même après cette expédition, il courut à l'appartement demadame Western pour lui en faire part Elle était occupée à lire, et à interpréter les finesses de la gazette au bon ministre St^f>l^' M. Westerti, qui savait combien il était clan-

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