LIVRE VII, CHAPITRE V
jeune aventurier qui n'a pas uué obole
Ah ! que n'est-elle morte, ainsi que Tianii dont le trépas t'attriste ! je me croirais bien plus heureux.
Ce que j'entends est bien étrange, lui dit Jones. Quoi ! vous aimeriez mieux la voir morte ?
Sans doute, répliqua le quaker; et cela ne vaudrait-il pas mieux pour moi, que de
la voir exposée à demander son pain ?
Quoi ! ne t'ai-je pas d^'à dit que c'est un gueux qu'elle vient d'épouser ?
£tbien, répartit Tom, en est-elle moins votre ^Ue ? et n'étes-vous pas assez riche ?
L'imprudence d'un enfant fait-elle cesser (l'être père ?
Oh 1 s'écria le quaker, puisqu'elle ' m'a désobéi, puisqu'elle m'a trompé, puisque lamour seul l'a guidée, c'est à l'amour à la nourrir; je n'ai plus rien à lui donner. Je la verrais dès demain à ma porte, mourant de faim et de misère^ sans en être touché.
Jones, à ces mots, le regarda en frémis!sant, et voulut le quitter.
Allons, allons^ ami, lui dit le quaker, en
le retenant, reste ayeemoi; ne t'abandonne 1^ pas à la douleur : tu vois qu'il est des matiK |°' bien plus à plaindre que les tiens... Je vois, j« qu^l est des insensés et des barbares , s'écria Tom en s'arrachant des bras du quaker. | ^
Tu te fâches ! lui dit l'autre. Mets-toi doBc I à ma place : dis-moi, que ferais- tu? jl
Je chercherais ma fille et mon gendre, ** répondit Jones; je pardonnerais à leur jennesse ; je les prendrais chez moi; je ne penserais pas sans horreur à causer le malheur ; de quelqu'un- que je prétends aimer. À
Moi, les chercher! s'écria le quaker..... f Moi, les prendre dans ma maison!... Per-** suade-moi plutôt d'y appeler mes deux plus mortels ennemis.
Et bien, vas-y donc toi-même, lui dit Tom, outré d'indignation, en le poussant > hors de la chambre : je déteste la société 1^1 d'un homme tel que toi...
Les propos du quaker avaient tellement frappé Jones, que son émotion était sensible. Le quaker s'en était aperçu ; et cette observation, jointe à ce qu'il avait déjà remarqué de singulier dans le reste de sa conduite, avait