LIVRE VII, CHAPITRE V
assez frappé rhonnéte quaker pour pouvoir décider, en conscience, que Tom était réellement fou.
Ainsi, loin de garder quelque ressentiment de ce qu'il venait d'essuyer, le bon firoadbrim (c'était son nom), touché de compassion pour son frère, alla faire part de sa découverte à l'hôte, en l'exhortant à traiter avec tous les ménagera ens possibles un gentilhomme infortuné, qui, disait-il, n'était qu'à plaindre.
L'hôte, qui , après avoir fait jaser le guide, ^ s'était fait rendre compte et de la naissance if et des aventures de Jones, répondit en jurant et en riant au nez du quaker, que son prétendu gentilhomme, quoique bien galonné, n'était qu'un bâtard de paroisse, chassé pour ses friponneries, et dont il vou> drait être déjà défait, dût-il en être pour l'écot d'un tel vaurien, pourvu qu'il sauvât son argenterie de ses griffes.
Il est bon de savoir que ce discours se tenait secrètement dans la cuisine, auprès du feu, et en présence de tous ceux qui étaient alors dans l'hôtellerie..
Le quaker eut à peine entendu ces propos, que la pitié sortit tout à coup de son cœur, et fit place à Tindignation. Il partit aussi outré de Taffront qu'il prétendait avoir reçu, que le serait un de nos modernes ducs qui se croirait bravé par un honnête gendlhomme.
L'hôte, comme on la vu, n'était pas de meilleure humeur : Tom avait beau sonner, les domestiques étaient sourds; en vain il demandait un lit, il ne s'en trouvait point pour lui. Il fallut prendre patience. Accablé de chagrins, de fatigue et de sommeil, notre héros, qui savait se prêter au temps, se jeta dans un large fauteuil, et tâcha de s'en* dormir.
MTaS vu, OHÀPITBE VI. 379