LIVRE VII, CHAPITRE VIII
moitié habillé, mais également carieax de savoir la cause du grand bruit qu*on venait d'entendre.
Le soldat, toujours frappé de la même terreur, n'avait point changé de posture; et ce ne fut pas sans peine qu'après avoir employé la force pour le relever, on parvint à lui faire articuler quelques mots... Je l'ai vu !... s'écria il- il, je l'ai vu!... tout couvert de sang... vomissant le feu par ïn bouche et par les narines... Oui, je le jure sur mon dme ! j'ai vu le jeune volontaire tué d'hier... Il est entré chez Northerton... Il l'a pris à la. gorge; le tonnerre a grondé; ils ont disparu tous les deux.
Cette relation était faite pour trouver du crédit dans un tel auditoire. Le grenadie»* reprenant par degrés ses sens, répondait ^ toutes les questions de l'assemblée, intérievi-, rement aussi épouvantée que lui, etajouta^^^ à chaque réponse de nouvelles ombres a.\i tableau, lorsque l'hôtesse et le lieutenant arrivèrent. L'une avait des raisons, que ïioixs dirons bientôt, ppur révoquer l'histoire ^n doute; l'autre, quoique très-honnête homt^^^
et même très-religieux, ne croyait pas du tout aux esprits. Il avait quitté Jones depuis peu d'heures; l'état où il l'avait vu ne laissait rien à craindre pour sa vie ; matière à deux soupçons également vraisemblables: ou le grenadier s'était endormi, et avait fait un mauvais rêve ; ou bien il avait été payé pour laisser échapper le prisonnier. Dans les deux cas, la sentinelle était également coupable, et méritaiW'êtro punie. Le lieutenant, trèsaffermi dans cette idée, ordonna, par provision, que cet homme fût gardé dans la même chambre d'où il avait laissé évader l'enseigne, et renvoya tout le monde au lit.