LIVRE I, CHAPITRE III. l
quelques disgrâces de ce genre ^ sont censées avoir altéré le respect dû à leur sexe.
On tint enfin conseil sur la façon de s*y prendre pour parvenir à connaître )a mère de l'enfant. On passa en revue toutes les servantes de la maison : la sévère Débora les connaissait jusqu'à l'âme; jamais enquête ne répandit plus d'épouvante, et ne produisit moins d'effet.
On convint, en second lieu, d'examiner toutes les jeunes filles de la paroisse; et Débora fut encore chargée de cette commission, qu'elle accepta avec ardeur, et dont elle promit de rendre compte dès l'après-midi même.
Les choses ainsi arrangées, M. Alworthy, suivant sa coutume , se retira dans son cabinet, et laissa l'enfant à sa sœur, qui, sans doute pour lui faire sa cour , eut l'air d'en être enchantée.
Dès que son maître fut sorti, Débora garda le silence, en attendant que miss Brigite lui donnât le ton : la politique gouvernante en savait trop pour s'en tenir à ce qui venait de se passer en présence de
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M. Alworthy. Miss Brigite ne tarda pas à s'expliquer. Après avoir regardé tendrement renfant, qui dormait sur les genoux de Débora , la bonne demoiselle ne put résister à l'envie de lui donner un baiser, en s'écriant qu'elle était vivement touchée de sa l>eauté et * de son innocence ! Ces mots étaient à peine prononcés, que Dél^ora pressant et caressant le petit orphelin , l'acr câbla de baisers, rétouffa de tendresses, et répéta à l'unisson : O V aimable petite créa" ture ! O le gentil garçonnet !
Ces exclamations ne furent interrompues que par les ordres que lui donna sa maîtresse de songer aux besoins de l'eip^fant, et de faire préparer, tant pour lui que peur sa nourrice, une des plus belles chaJ9Qj>re6 du château.