VJ ESSAI SUR LA VIE ET LE GÉNIE
de sa facilité , le détournaient de ses travaux , le dissipaient, occupaient tout son temps; et, par les plaisirs dont ils lui inspiraient de plus en plus le goût, dérangeaient sa fortune, déjà très-peu brillante d'elle-même. Aussi son père, homme de plaisir comme lui , après lui avoir assigné deux cents livres sterling de pension, disait souvent, en plaisantant, que les lui paierait qui voudrait.
La vérité du fait était que le général Pielding, avec les meilleures intentions du monde en faveur de son fils , ne se trouva bientôt plus en état de supporter cette nouvelle charge.
Veuf de la mère de notre auteur, il n'avait point tardé à contracter un second mariage :
l'augmentation de sa famille ne lui permettait plus de pourvoir aussi convenablement qu'il l'eût désiré aux besoins de son fils aîné ; et celuici le sentait si bien , que , dans les plus grands embarras où son défaut d'arrangement le plongea bientôt , on ne le vit jamais ni s'en plaindre ni s'écarter de la piété filiale, tl faut cependant avouer que les difficultés, qui jamais ne purent l'abattre, agirent par degrés sur son humeur, au point de rendre souvent son commerce un peu moins doux, mais ne détruisirent pourtant jamais le fond de son caractère , dont la gaieté la p}u8 vive et la plus naturelle était la base. La
DE l\uteur anglais. vij
de discernement dont il était doué lui démêler et saisir, à travers les replis lés chés du cœur humain, l'amour-propre , seté , la vanité , l'avarice , l'amitié intéringratitude et l'inertie de l'âme ; mais , i où il les rencontrait, son indignation t à l'instant , et le forçait, pour ainsi dire, imbattre avec les traits de la plaisanterie amère. Ces impressions cependant, quoiivent profondes et désagréables pour lui , it jamais durables dans son cœur : son ation, prompte à saisir tous les objets uvaient l'égayer, même dans ses plus chagrins, lui présentait toujours dans le 1 le plus consolant avenir; et l'auteur la laissait faire. Il se flattait, pour réaliser )èces de rêves , que son génie et le livre ide lui fourniraient les plus abondantes •ces; et en partant de cette idée, la plus qui fût jamais, Fielding , à peine au-desvingt ans (ainsi que lui-même Ta dit) , jua les neuf sœurs, et s'élança, les yeux îs, dans la carrière du théâtre. » l^ous dit quels furent ses succès : il en eut, [ue des chutes. Son Loveinseveml masques plaudi , eut plusieurs représentations , et oit encore avec plaisir. Sa. comédie du ; beau, quoique d'abord moins accaevWXô
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que par la £uile, n'dta ri«n à sa réputatioD ; cl celle intitulée. Rapt apon râpe, or tht Coffethoase poUtlcian, est un tableau d'après nature, digne du pinceau des p^"^ grands maîtres. '■
Ce serait, excéder tes hontes que nous dous sommes proposées , que dépasser en revue, on d'analyser les difTérens ouvrages dramatiques de M.Fieldiog; ei, en parlant de l'aveu qu'il a très-souvent fait lui-même, non- seulement de n'avoir point atteint le degré de supériorité qu'on désire dans cette branche de littérature , mais de s'y être trouvé fort au-dessous de ses antres productions, nous jious contenteroni d'observer que, depuis l'année 1717 jusqu'à U fin de 1736, c'est-à-dire avant qu'il eût atteint trente ans, il a donné , tant en comédies qu'en farces , environ dix-huit pièces de théitre , qui toutes sont imprimées dans l'édition complète de ses œuvres.
Il écrivait encore pour le théâtre lorsqu'il épousa miss Craddotk, beauté célèbre dans le comté de Salisbuty ; el il hérita , vers ce tempslà, d'une petite terre dans le comté de Dorset, où il se relira d'autant plus volontiers avec elle, qu'il eu était assez épris pour lui avoir sacrifié toutes ses habitudes lesplus chéries. Mais le revenu de sa terre , joint à la dot de son épouse , ne purent subvenir loug-temps à la dépense et