LIVRE I, CHAPITRE V
Gui, Monsieur, votre générosité me con* fond; mais je m'en rendrai digne. Mille et million de grâces pour mon malheureux enfant : puisse cette innocente créature vivre assez long-temps pour mériter, en s'immolant pour vous , toutes les bontés dont vous daignez la combler !.... Mais c'est à vos genoux, Monsieur, que j'ose vous supplier de ne pas exiger que je vous en nomme le père.
Je vous proteste cependant que vous le connaîtrez un jour ; mais je ne puis , sans me rendre parjure, et sans blesser tout. ce que l'honneur et la religion même ont de plus sacré, trahir ce secret aujourd'hui; et je crois trop bien vous connaître, pour craindre que vous exigez de moi de pareils sacrifices.
M. Alworthy, dont la délicatesse sur tout ce qui touche la religion et l'honneur est déjà établie, frappé de cette réponse , hésita un moment , et lui dit qu'elle avait eu tort de contracter de pareils engagemens avec un scélérat : mais que le mal étant fait, il n'insisterait plus sur cet article. Ce n'était pas, ajouta-t-il, par un motif de curiosité qu'il avait voulu connaître le coupable ; mais uni-
a4 TOM JONES.
quement dans la crainte qu'un sujet ne profitât peut-être de ses bontés, i cet article y il reçut de Jenny les assi les plus positives que le père de l'ei dépendit en aucune façon de lui, ei toute apparence y n'en dépendrait j a La franchise et l'ingénuité de avaient tellement disposé M. Alwoi faveur de cette fille, qu'il la crut ai Elle avaât dédaigné de s'excuser ell< par un mensonge; elle avait même quer d'indisposer sonjuge dans une < tance si dangereuse pour elle, plutôl manquer à autrui, en trahissant si ment: était-il vraisemblable qu'elle n alors si indignement à son bienfaitéi Satisfait et affermi par cette réflexioi gédia Jenny en l'assurant qu'il lui cl rait bientôt un asile, où, à l'abri des I de son aventure, il la mettrait en sitw remplir les promesses qu'elle lui aval
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