‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 4)Chapitre 44 sur 170 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Rerette infaillible pour regagner raffection d'nneéponite même dans les cas les pins désespérés.

Le capitaine se consolait des tnauvais quarts d'heure qu'il passait le moins qu'il pouvait avec son épouse , dans la contemplation et dans le calcul des richesses immenses qu'il comptait recueillir au décès de M. Alworthy.

Il visitait, toisait secrètement, estimait tout, projetait des changemens, des réparations , des agrandissemens , tant au <;hâteau qu'aux jardins et au parc. Ces utiles amusemens occupaient presque tout son loisir; et il était enfin parvenu à dresser un plan conforme à ses projets,' et pour l'exé^ eu tion duquel il ne manquait plus qu'une bagatelle, c'est-à-dire le prompt trépas de M. son beau-frère.

C'est au milieu de ces riantes spéculations, qu'un accident très-imprévu vint tout

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à coup en interrompre et en borner le cours.

Toute la malignité de la fortune ne pouvait en imaginer un plus cruel et plus propre à renverser tous les desseins et les plans de notre homme. Mais (pour ne point tenir le lecteur trop en suspehs) c'est à Tinstant même où il dévorait par avance la succession de son beau-frèfe, que le pauvre capitaine mourut subitement d'une attaque

d'apoplexie. Grand exemple de cette vérité si vivement exprimée dans ce passage d'Horace :

Tu f seconda marmora Locas sub i^sumjunus : et sepulchri Immemor^ struis domoSy

Ce qu'on pourrait, je crois, paraphraser ainsi en français : « Mortel aveugle ! tu pré- « pares les matériaux les plus précieux pour « te faire un palais, quand le pic et la bêche « te sont seuls nécessaires. Qu'as-tu besoin « d'un logement de cinq cents pieds sur cent: « songe à celui de six sur deux î »

M. Alw^orthy, sa sœur et une autre dame, étaient dans la salle à manger lorsqu'on vint leur apprendre ce tragique événement

M. Alwortfay en fut Yéritablement aCBîgé , et madame Blifil, après mi long évanonissement, fit retentir les voûtes du château des sons aigus de sa douleur. Tout cela était dans Vordre : elle n'était pas femme à y manquer ; aussi rendit-on exactement à la mémoire de ce cher époux tous les devoirs que la coutume et la décence la plus rigide exigeaient de sa veuve.

Ce second livre, quoique courte sera pourtant, avec la permission du lecteur, terminé à cette époque. Nous lui épargnerons même le détail de ce qui s'est passé dans la famille de M. Aiworthy pendant le cours des douze années qui suivirent la mort du capitaine Blifil, dans la juste impatience d'amener plus tôt sur la scène le vrai héros de cette histoire , que nous allons enfin trouver âgé d'environ quatorze ans.

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