CHAPITRE PREMIER
'*|v [• Peu de choses, mais nécessaires.
JË^Iil^ la résolution où nous sommes, en
l^prtfnt cette histoire , de ne flatter per-
l$||llie9 et de laisser à la vérité seule le soin
^guider notre plume, nous nous voyons
es dé présenter ici notre héros d'une
bien moins avantageuse que nous ne
ions souhaité. Il faut donc l'avouer de
Wilne grâce: Tom Jones, en grandissant,
n'avait pas donné bonne opinion de ce qu'il
serait iin jour, et était regardé, dans toute la famille de M. Alworthy, comme ce qu'on appelle vulgairement un très-mauvais sujet.
Le mal de l'aventure, c'est que plus d'une raison fondaient et justifiaient le jugement que l'on portait de lui. Son penchant au libertinage s'était manifesté dès l'enfance : il avait par exemple été déjà convaincu d'avoir volé du fruit dans un verger voisin, un canard chez un fermier , et une balle de paume dans la poche de M. Blifil.
Les vices du petit Jones se grossissaient encore aux yeux des spectateurs, même les plus indifférens, à côté des vertus du jeune M. Blifil. Tout retentissait des louanges de ce dernier; on ne promit jamais tant à son âge : il était sobre, posé, pieux, et beaucoup plus discret que ne le sont bien d'autres à quarante ans; on l'aimait, en un mot, autant que l'on haïssait Jones ; et l'on blâmait M. Alworthy de souffrir que son neveu fût élevé avec un petit vaurien, dont l'exemple pouvait être si contagieux.
Une petite aventure qui arriva alors peindra mieux le caractère de nos deux