LIVRE III, CHAPITRE IV
de lui à un châtiment aussi rigoureux, et que le garde pouvait prévenir en osant déclarer la vérité. Arrêt, en conséquence, en Tertu duquel George fut payé, et chassé du service de M. Alworthy.
Dès que cette histoire fut rendue puhlique, bien des gens, en comparant la conduite de Blifil avec celle de Jones, ne furent pas du sentiment de MM. Square et Tuakum.
Blifil, qu'on estimait auparavant, fut regardé comme une âme basse, comme un tartuffe sans honneur et sans foi; Tom, qui la veille était aussi craint que haï, p^ut aussi généreux qu'estimable.
Quel affront pour nos docteurs, qui tous deux avaient une prédilection décidée pour Blifil, souple, docile, recueilli, attentif à leurs leçons, admirateur de leur doctrine , vantant les talens de chacun d'eux en piirticulier, et ne cessant en leur absence de rendre grâces à son oncle de lui avoir choisi de si grands maîtres ! louanges indirectes qui leur étaient rendues par le canal de loncle, et qui par conséquent les flattaient davantage. Tous deux haïssaient Jones,
étourdi, dissipé, souvent sans reqiectpour eux, inattentif .\ leurs préceptes ainsi qu'à leurs exemples, incapable d'en sentir l'excellence et de les admirer; bâtard de plus, par conséquent indigne que des maîtres aussi sublimes fussent forcés , par pure contplaisance, de se rabaisser jusqu'à lui.
Lorsque M. Alwortby, qui préférait avec raison l'éducation privée à celle des collèges d'A-Ugleterre, avait cherché un précepieuç^po.ur son neveu et pour Jones, un de ses inities amis lui avait indiqué et reconimand^^uakum, comme un homme qui, après avoir passé presque toute sa vie dans un collège, avait une grande réputation du coté de la science, de la religion et des mœurs. Il n'avait point, dans les commencemens, démenti ce caractère; lesimperfecti^s^n'avaient percé que par degrés, mais n avaient point assez frappé M. Alvrorlhy pour lui faire oublier les bonnes qualités du docteur. Àjoutonsà ceci que les erreurs qu'il avait aperçues dans la doctrine de Square engageaient encore plus ce seigneur à ne pas renvoyer Tuakom, surtout après avoir i