‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 4)Chapitre 63 sur 170 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Un malheur n*amTe jamais seul.

Quelques jours après cette aventure, M. Alworthy se promenant un soir dans la campagne avec Blifil et Tom , ce dernier les conduisit insensiblement à la chaumière où la famille du garde-chasse formait un vivant tableau des misères humaines. Leurs créanciers avaient déjà enlevé le peu d'argent qu'ils avaient reçu de Jones.

Un tel spectacle ne pouvait manquer d'attendrir M. Alworthy, qui sur-le-champ donna quelques guinées à la mère , en lui recommandant de vêtir et nourrir ses enfans. La pauvre feipme, à ce bonheur inattendu, fondit en larmes, et ne put cacher plus long-temps les obligations qu'elle avait à Jpnes. Elle apprit à M. Alworthy que Tom seul avait empêché depuis quelques mois sa famille de succomber sous le poids des

g6 TOX JONES.

besoins. Il est Trai qu'indépendamment -du eheyal Tom avait encore Tendu plusieurs petits meubles à son usage, pour secourir ces malheureux.

En revenant au château, Tofti fit les plus vives instances pour obtenir de M. Alworth j le pardon du garde-chasse; et, après avoir réussi dans sa demande, vola comme un trait^ malgré la pluie et Tobscurité de la nuit, porter cette heureuse nouvelle à la femme du garde.

Mais la mauvaise étoile de George opérait pendant l'absence de son ami, et renversait toutes ses espérances.

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