‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 4)Chapitre 87 sur 170 · LIVRE IVy CHAPITRE VIII. X4l · texte numérisé non relu

LIVRE IVy CHAPITRE VIII. X4l

txttém&ùtkent le pauvre Tom, qu'elle avait»

disait-on, séduit, et qui par cett^ faute, que les circonstances r^idaient pourtant excusable dans un jeune homme, était tombé dans la disgrâce de M. Alworthy.

Honora n'aurait de long- temps épuisé un »i beau texte, si Sophie, impatientée de son verbiage, ne l'avait tout à coup interrompue avec quelque sorte d'aigreur pour lui dire d aller savoir si M. Western ne l'attendait pas à déjeuner. Honora obéit en murmurant Nous en dirons la cause une autre fois ; et pour en consoler le lecteur, nous [ui ferons part de ce que pensait alors So* phie.

On sait déjà qu'elle s'était senti quelque penchant pour M. Jones, et que ce penchant i'était beaucoup accru avant qu'elle s'en fût doutée. Dès les premiers indices qu'elle en avait eus, son cœur s'était trouvé rempli d'un sentiment si délicieux et si nouveau pour elle, qu'à peine avaitelle pensé à le combattre : moyennant quoi , la tendre Sophie avait laissé croître insensiblement des &ux dont son peu d'expérience ne lui avait

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pas même laissé entrevoir ce qu'elle avait à

craindre.

L'aventure de Mol y lui avait dessillé les yeux. Elle avait connu, et s'était reproché sa faiblesse; elle en était effrayée. Ce coup d'œil subit sur l'état de son cœur, quoique bien douloureux pour elle, produisit pourtant l'effet d'un remède aussi violent que désagréable, et suspendit pour le moment le cours du maL

L'opération avait été si prompte que, tlans le peu de temps que dura l'absence de la femme de chambre , Sophie se crut entièrement guérie, et fut déjeuner avec son père, d'un^air aussi libre, et le cœur aussi dégagé que si Tom ne lui eût jamais été qu'indifférent.

Il en est des maladies de l'esprit comme de celles du corps; elles sont sujettes aux rechutes. Sophie, hélas ! ne l'éprouva que trop. A peine eut-elle revu Jones, que les premiers symptômes reparurent, et qu'à partir de ce jour son cœur ne ressentit p^us que des mouvemens intermittens.

Sa situation devint bien différente à% ce

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