‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvéChapitre 115 sur 140 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

où rhistoire commence à s'approcher d'une conclusion.

Quand Allworthy revint chez mistress Miller, il apprit que Jones venait d'arriver un moment avant lui ; il s'empressa de se rendre en conséquence dans une chambre séparée , où il ordonna qu'on lui amenât Jones seul.

Il est impossible de concevoir une scène plus attendrissante que cette entrevue entre l'oncle et le neveu, car mistress Waters, comme le lecteur peut le supposer, lui avait découvert à sa dernière visite le secret de sa naissance ; et comme je conviens qu'il est au-dessus de mon pouvoir de décrire les }»remiers transports de joie qui furent éprouvés de part et d'aulre, je ne le tenterai pas. Après qu'Alhvorthy eui relevé Jones qui s'était jeté à ses pieds . e< //. 19

ago TOM JOMES,

l'eut séné entre ses bras : « O mou enfant , s'écria-t-il , combien de reproches vous avez à me faire ! combien je vous ai maltraité ! quels dédommagements puis-je jamais vous offrir pour ces soupçons cruels et injustes que j'ai nourris long-temps contre vous, et pour toutes les souffrances qu'ils vous ont occasionnées ? — Ne les ai-je pas déjà reçus, ces dédommagements? dit Jones : ne suis-je pas en ce moment trop payé de mes souffrances, eussent-elles été dix fois plus cruelles? O mon cher oncle, cette bonté m'accable et m'anéantit ; je ne puis supporter cet excès de bonheur ; me retrouver en votre présence , jouir encore de vos bontés , être ainsi tendrement reçu par mon noble, mon généreux bienfaiteur!.... — En vérité, mon enfant, je vous ai traité bien cruellement. » Il lui expliqua alors toute la perfidie de Blifil, et lui renouvela les assurances de la douleur qu'il ressentait d'avoir été entraîné par cette perfidie à le traiter si mal. « Oh! ne parlez pas ainsi, monsieur, vous en avez agi trop noblement avec moi ; Ihomme le plus sage peut être trompé comme voti^

Page 1