‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvéChapitre 118 sur 140 · LIVRE xviir · texte numérisé non relu

LIVRE xviir

tion , que vous m'obéirez dans ce que je vais vpus prescrire, c'est-à-dire que vous vous eu tiendrez à la détermination de la jeune personne , qu'elle vous soit favorable ou non. Elle a déjà trop souffert de persécutions dont je déteste la pensée ; je ne veux plus qu'elle ait à reprocher de nouvelles contraintes à ma famille. Je ne doute pas que son père ne soit aussi prompt à la tourmenter en votre faveur, qu'il l'a été naguère en faveur d'un autre ; mais j'ai résolu de m'y opposer. — O mon cher oncle, je vous en conjure, donnez -moi des ordres auxquels j'aie du moins quelque mérite à obéir. Croyez-moi , monsieur, la seule circonstance où je pourrais résister à vos volontés, serait celle où vous m'ordonneriez de causer la plus légère peine à ma Sophie. Non , monsieur, si je suis assez misérable pour a^oir pu lui déplaire sans aucune espérance de pardon , cela seul , avec la réflexion cruelle d'avoir causé son malheur, suffirait pour m'accabler. Obtenir la main de Sophie est pour moi le seul nouveau bonheur que le ciel puisse me procurer ; mais je ne veux la devoir qu'à

elle seule. — Je ne veux point vous flatter mou enfant ; mais je n'ai jamais vu de résolution plus ferme que la sienne, lorsqu'elle m'a déclaré qu'elle ne recevrait pas vos soins. Vous pouvez peut-être expliquer cela mieux que moi. — Oh! monsieur, je peux trop bien l'expliquer. Je me suis reudu coupable envers elle sans aucun espoir de pardon. Et quelque coupable que je sois , ma faute lui paraît encore malheureusement dix fois plus grave qu'elle ne l'est en effet. O mon cher oncle, je crains que mes folies ne soient irréparables, et que toutes vos bontés ne puissent me sauver. »

Un domestique vint alors annoncer que M. Western était en bas, car son empressement à voir Jones n'avait pu lui permettre d'attendre jusqu'à l'après-midi. Joues, dont les yeux étaient pleins de larmes, pria son oncle d'entretenir M. Western quelques minutes, jusqu'à ce qu'il eût retrouvé un peu plus de calme. M. Alhvorthy y consentit; et après avoir fait prier M. Western d'entrer daus un [larloir, il desr£ndit pour le recevoir.

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