‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvéChapitre 127 sur 140 · I. IVRE XVIII. 3l · texte numérisé non relu

I. IVRE XVIII. 3l

meurlre, l'ingralitiide ou autres, la compassion , le pardon sont alors coupables : je suis convaincu que cet homme est un scélérat, et il sera puni, au moins autant que je pourrai le punir. »

Ces derniers mots furent prononcés d'un ton dé voix si sévère , que Jones ne crut pas à propos d'y répliquer. D'ailleurs l'heure fixée par M. AVestern approchait ; il n'avait plus que le temps nécessaire pour s'habiller. Le dialogue finit donc ici, et Jones se retira dans une autre chambre, où Partridge, d'après ses ordres , l'accompagna pour l'habiller.

Partridge avait à peine eu le temps de voir son maître depuis l'heureuse découverte. Le pauvre garçon ne pouvait ni contenir , ni exprimer ses transports. Il avait l'air d'un homme en démence , et il fit presque autant de bévues en habillant Jones , que j'en ai vu faire à Arlequin , quand il s'habille lui-même sur le théâtre.

Sa mémoire, cependant, ne fut pas en défaut : il se rappela tous ses pronostics et présages de cet heureux événement ; il n'oublia pas le

3 lb TOM JOIiES,

songe qu'il avail fait la nuit qui avait précédé sa rencontre avec Jones , et termina en disant ; « J'avais toujours anuoncé à Totre Honneur que quelque chose me disait tout bas qu'un jour ou l'autre vous seriez en état de faire ma fortune. » Jones l'assura que cette prédiction se vérifierait aussi sûrement pour lui que tous les autres présages s'étaient vérifiés jusqu'ici pour lui - même ; ce qui n'ajouta pas peu aux transports de joie que le pauvre garçon éprouvait déjà du bonheur de son maître.

Page 1