‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvéChapitre 130 sur 140 · LIVRE xviir · texte numérisé non relu

LIVRE xviir

temps, le temps seul, M.Jones, peut me convaincre que vous êtes réellement repentant, et résolu d'abandonner le chemin du vice. Je vous détesterais , si je vous croyais capable d'y persévérer. — Ah ! ne le croyez pas ; c'est à genoux que je vous prie, que je vous conjure de m'accorder votre confiance, que ma vie entière sera consacrée à mériter. — Je n'en réclame qu'une partie pour me prouver que vous la méritez. Je crois m 'être suffisamment expliquée avec vous, en vous assurant que quand je vous verrai mériter ma confiamie, vous l'obtiendrez. Après ce qui s'est passé, monsieur , pouviez - vous espérer davantage ? »

'^Ne me croyez pas sur ma parole: j'ai une meilleure garantie, un gage plus sur de ma constance, dont il vous sera impossible de douter. — Quel esl-il? dit Sophie un peu embarrassée. — Voyez cette charmante figure, s'écria Joncs, lui saisissant la main et l'amenant devant la glace; voyez ces traits, cette taille, ces yeux, et celte ame qui les anime : l'homme qui possédera tous ces trésors pourra t-il être

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inconstant? Impossible, ma Sophie, impossible! ils fixeraient un Dorimant (r), nn lordPiochester. Vous n'en pourriez douter, si vous pouviez vous voir avec d'autres yeux que les vôtres. » Sophie rougit, avec demi-sourire; mais fronçant de nouveau le sourcil : « Si je dois juger de l'avenir par le passé, mon image ne restera pas plus dans votre cœur quand vous cesserez de me voir, que dans cette glace quand j'aurai quitté la chambre. — Par le ciel, par tout ce ([u'il y a de sacré , votre image n'est jamais sortie de mon cœur; la délicatesse de votre sexe ne peut concevoir la grossièreté du nôtre, et combien peu de telles intrigues sont étrangères à notre cœur. — Je n'épouserai jamais nn homme qui n'aura pas acquis assez de délicatesse pour être aussi incapable que je le suis de faire une ]>areille distinction. — Je l'acquerrai, dit Jones, je l'ai déjà acquise. Le premier moment d'espérance que ma Sophi' m'a donnée, l'a fait naître en moi; et depuis tout le reste de son sexe a cessé d'êti-e à la fois

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