T-IVRE XVIII
uu objet de désir pour mes sens, et de passion pour mon cœur. — Fort bien, mais le temps seul peut m'en donner la preuve. Votre situation, M. Jones, est maintenant changée, et je vous assure que j'éprouve une grande satisfaction de ce changement; vous ne manquerez plus d'occasions d'être auprès de moi, et de nie convaincre que votre cœui- est changé aussi. — O mon ange! combien j'aurai de graces à rendre à votre bonté! Êtes-vous donc assez généreuse pour avouer que mon bonheur
vous cause quelque satisfaction Croyez-moi,
croyez-moi, madame, c'est vous, vous seule qui avez donné quelque réalité à mon bonheur, puisque je lui dois la chère espérance.... O
ma Sophie ! qu'elle ne soit pas éloignée!
J'obéirai fidèlement à vos ordres; je n'ose pas vous presser plus que vous ne voulez me le permettre. Souffrez cependant que je vous conjure de ne pas me soumettre à une épreuve trop longue ; oh! diles-moi quand je puis espérer que vous serez convaincue de ma sincérité. — Quand je vous ai déjà tant promis vo lonlairement , j'espère, M. Jones , que vous ne
me presserez pas davantage. — Oh! ne jetez pas sur moi un re<;ard aussi sévère , ma Sophie; je ne vous presse pas , je n'ose pas vous presser. Cependant, permettez-moi au moins encore une fois de vous prier de fixer l'époque. Considérez rimpatience de l'amour. — Un an peutêtre. — O ma Sophie ! vous avez nommé l'éternité. — Peut-être un peu plus tôt, je ne veux pas être tourmentée. Si votre passion pour moi est telle tpie je dois la désirer, je crois que vous pouvez maintenant être tranquille. — Tranquille! Sophie, ah! ne donnez pas un nom si froid au honheur dont je jouis.... O pensée ravissante! ne suis-je pas assuré qu'il \iendra ce jour heureux, où je pourrai vous appeler en eflel ma Sophie, où il n'existera plus aucune crainte dans notre ame, où j'aurai ce délicieux , ce ravissant bonheur de rendre ma Sophie heureuse. — Eh bien ! monsieur, ce jour, il est en votre pouvoir de l'avancer. — O mon cher ange! ange du ciel ! ces mots m'ont jeté dans le délire de la joie; mais je dois, je veux lenicrcier ces lèvres charmantes qui ont prononcé mon bonheur avec tant de grace. »