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Il la saisit alors entre ses bras, et lui donna un baiser avec une ardeur qu'il n'avait jamais auparavant osé se permettre.
En cet instant Western, qui avait écouté depuis quelque temps à la porte , entra brusquement dans la chambre, et avec sa voix et ses expressions de chasseur, se mit à crier: «< Sus, sus, mon garçon, à elle! ne la quitte pas. C'est ça, mes bijoux. Oh ! c'est ça, bien. Tout est-il convenu .3 A-t-elle fixé le jour, mon garçon? Sera-ce demain ou après-demain ? Ce ne sera pas une minute plus tard qu'après-demain, J'y suis résolu. — Je vous en conjure, monsieur, dit Jones, que je ue sois pas l'occasion... — Va te promener. Je te croyais un gaillard plus alerte et trop vif pour te laisser airèter à toutes ces ruses féminines. Je te dis que tout cela n'est que de la niaiserie. Par le diable! elle t'épouseia ce soir de tout son cœur. N'est-il pas vrai , Sophie.^ Allons, avoue-le sincèrement, et sois vraie une fois en ta vie. Eh quoi! es-tu muette? pourquoi ne parles-tu pas? — Pourquoi parlerais-je , monsieur, puisqu'il paraît que vous êtes si bien instruit de ce que je
îaS TOM JONES,
pense? — Voilà une bonne fille. Ainsi donc tu consens. — Non assurément, monsieur, je n'ai pas donné un pareil consentement. — Ne veux-tu donc pas l'épouser demain ni aprèsdemain? — Assurément, monsieur, ce n'est pas mon intention. — Je m'en vais le dire pourquoi tu ne le veux pas. C'est parce que tu te plais surtout à être désobéissante , à tourmenter ton père. — Je vous en prie, monsieur, dit Jones en rinteri'ompant... — Je te dis que tu n'es qu'un roquet, s'écria Western, Quand je lui défendais de penser à toi , ce n'était que soupirs , plaintes , langueurs et lettres. Maintenant que je suis pour toi, elle est contre toi : tout cela n'est que de l'esprit de contradiction , pas davantage. Elle croit n'avoir pas besoin d'être guidée ni gouvernée par son père, voilà la vérité; c'e„st seulement pour me désobliger et me contrarier. — Qu'est-ce que mon père exige de moi? s'écria Sophie. — Ce que j'exige de toi? Donne-lui ta main à l'instant. — Eh bien! monsieur, je vous obéirai.... Voici ma main , IM. Jones, — Fort bien ! Et consentezvous de l'épouser demain matin? — Je vous