‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvéChapitre 44 sur 140 · LIVRE xvir. 1 l · texte numérisé non relu

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sieur, s'écria Allwortliy, vous ne deviez pas m'interrompre. — Bien , mais il l'aura , rrpon dit Western. Je ne dirai plus rien. »

« Maintenant , mon ami, continua Ail worlhy, si j'ai appuyé si longuement sur Je mérite de cette jeune personne , c'est d'abord parce que je suis réellement amoureux de son caractère, et puis , pour qu'on n'imaginât pas que j'aie eu principalement eu vue sa fortune , car, sous ce rapport , ce mariage est réellement avantageux pour mon neveu. J'ai vivement souhaité, j'en conviens, qu'une personne de son mérite entrât dans ma famille ; mais quoiqu'il y ait une foule de bonnes choses que je peux souhaiter, je ne voudrais ^pas les dérober cependant , ni me rendre coupable de violence ou d'injustice pour m'en emparer. Or, forcer une femme à se marier sans son consentement, est un acte d'injustice et d'oppression, tel, que je voudrais (jue les lois de notre pays pussent le réprimer. Mais la conscience d'un hounèle homme n'est jamais sans lois dans le pays le plus mal constitué. Elle supplée pour lui à l'oubli des légis-

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lateurs, et c'est ici assurément le cas : car, n'est-il pas cruel, je dirai même impie, de forcer une femme à entrer malgré elle dans l'état du mariage? état dans lequel elle doit rendre compte de sa conduite à la plus sacjjée et à la plus redoutable cour de judicature. S'acquitter comme on le doit des devoirs du mariage, au péril de son ame, n'est pas une tâche aisée; et imposerons -nous ce fardeau à une fenuue, au moment même où nous la privons de tons les secours qui peuvent l'aider à le supporter ? lui décbirerons-nous le cœur, lorsque nous lui prescrivons des devoirs à l'accomplissement desquels son creur tout entier suffirait à peine ? Je dois vous parler ici franchement : je pense que les parents qui se conduisent ainsi, sont complices de toutes les fautes dont leurs enfants se rendent coupables par la suite, et doivent conséquemment, devant un jni;e équitable, s'altendie à partager leur punition. Mais quand ils pourraient l'éviter, bon Dieu ! est-il un père qui puisse supporter la pensée d'avoir contribué à la damnation de son enfant ?

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