LIVRE XVII. l
<|ui avait occasionné le retour de mistress Western dans cette explosion de fureur où nous l'avons vue.
Le lecteur saura donc que la femme de chambre qui servait alors Sophie avait été recommandée par lady Bellaston , chez laquelle elle avait demeuré quelque temps en qualité de coiffeuse. C'était une fille intelligente , et elle avait reçu les instructions les plus sévères de surveiller très -soigneusement sa jeune maîtresse. Ces instructions , nous sommes fâchés de l€ dire, lui avaient été données par mistress Honour, dont lady Bellaston avait tellement conquis les bonnes graces, que la vive affection que cette bonne femme de chambre avait eue autrefois pour Sophie , était complètement effacée par le grand attachement qu'elle avait pour sa nouvelle maîtresse.
Or, dès que mistress Miller fut sortie, Betty ( c'était le nom de la nouvelle femme de chambre de Sophie ) trouva, en rentrant dans la chambre, sa jeune maîtresse occupée très-attentivement à lire une longue lettre. L'altéralion visible de ses traits aurait suffi pour auto-
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riser les soupçons que cette fille conçut; mais ils avaient encore un fondement plus solide , car elle avait entendu toute la scène qui s'était passée entre Sophie et mistress Miller.
Mistress Western fut instruite de tout par Betty , qui , après avoir reçu beaucoup de compliments et même quelque récompense de sa fidélité , eut l'ordre de faire entrer chez mistress Western la femme qui avait apporté la lettre, en cas qu'elle revînt.
Malheureusement mistress Miller revint pendant que lord Fellamar rendait sa visite à Sophie. Betty, suivant l'ordre qu'elle en avait reçu, la conduisit droit à mistress Western, qui, instruite d'une foule de circonstances relatives à ce qui s'était passé la veille, fit aisément accroire à la pauvre femme que Sophie lui avait tout dit, et tira d'elle tout ce qu'elle savait relativement à la lettre et à Jones.
Cette boûne mistress Miller était la simplicité même ; elle était de cette classe de personnes qui sont toujours prêtes à croire tout ce qu'on leur dit. Ces personnes dépourvues d'armes défensives ou oflensives en fait de dis-