‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvéChapitre 69 sur 140 · LIVRE XVII. I y · texte numérisé non relu

LIVRE XVII. I y

pas vous flatter, car je crains, d'après les informations que j'ai prises, que sa blessure ne soit nfiortelle. Si l'affaire est exactement comme vous me l'avez racontée , quoi qu'il puisse arriver, vos propres remords sont tout ce que vous aurez à craindre : mais pardonnez-moi , mon cher Jones , si je vous conjure de dire à vos amis ce qu'il y a de plus fâcheux dans votre histoire ; si vous nous déguisez quelque chose, ce n'est qu'à vous que vous ferez tort. » «< Mon cher Jean , dit Jones, vous ai-je jamais donné quelques motifs de me percer le cœur par un si cruel soupçon ? — Patience , continua Nightingale, et je vous dirai tout. Après les recherches les plus actives, j'ai enfin trotivé deux hommes qui ont été présents à ce triste accident, et par malheur ils ne racontent pas l'histoire à votre avantage. — Que disent-ils donc.!* — Je suis véritablement aussi jEàché de le répéter, qu'effrayé des conséquences qui peuvent en résulter pour vous. Ils disent qu'ils étaient à une trop grande distance pour avoir entendu le sujet de la querelle ; mais tous deux s'accordent à soutenir que le

premier coup a été donné par vous. — Eh bien! sur le salut de nîon ame, ils me calomnient; non-seulement il m'a frappé le premier, mais il m'a frappé sans la moindre provocation. Qui peut donc engager ces malheureux à m'accuser faussement? — C'est ce que je ne peux deviner; et si vous, vous-même, et moi votre ami, ne pouvons en concevoir la raison, sur quoi un tribunal toujours impassible pourra-t-il se fonder pour ne pas les croire? Je leur ai répété ma question à plusieurs reprises; ainsi l'a fait cette autre personne qui était présente, que je crois être un marin , et qui réellement semblait s'intéresser très-vivement avons. Considérez, leur disait-il, qu'il s'agit de la vie d'un homme en cette circonstance : vous êtes bien certains de ce que vous avancez? A quoi ils ont répondu qu'ils étaient prêts à appuyer leur témoignage par serment. Au nom du ciel, mon cher ami, rappelez-vous bien tout ce qui s'est passé ; car, si ce qu'ils disent se trouve être vrai , vous sentez qu'il n'y a pas de temps à perdre pour tirer le meilleur parti de votre situation présente. Je ne voudrais

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