‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvéChapitre 7 sur 140 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Ce qui arriva à Sopliie pendant sa captivité.

L'hôtesse de la maison où logeait le Squiîe

avait conçu de très-bonne heure une étrange

opinion de sou hôte. Cependant, comme elle

était instruite que c'était un homme d'une for

tune immense , et comme elle avait eu soin de mettre un prix excessif à ses appartements , elle crut à propos de ne faire aucune observation. Quoiqu'elle ne vît pas sans quelque peine Temprisounement de la pauvre Sophie, de la grande douceur et de l'affabilité de laquelle la servante de la maison lui avait fait un rapport très-favorable, confirmé par les domestiques du Squire, elle était trop attachée à son propre intérêt pour provoquer un homme qu'elle avait tout lieu de croire d'un caractère très-^iolent.

Quoique Sophie mangeât peu , ses repas lui étaient servis très-régulièrement; je crois même que si elle avait voulu manger quelque chose de rare, M. Western, malgré sa colère, n'aurait épargné ni soins ni dépenses pour le lui procurer : car , nous le répétons , quelque étrange que cela puisse paraître à quelquesuns de mes lecteurs, il aimait réellement sa fille jusqu'à l'idolâtrie; et lui procurer toute espèce de plaisir, était le plus grand bonheur de sa vie.

L'heure du dîner arrivée, Black George monta une volaille à Sophie; le Squire lui-

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